Grève d’une semaine annoncée à l’université

A L’APPEL DU CNES

Grève d’une semaine annoncée à l’université

Le Quotidien d’Oran, 31 janvier 2006

Le bureau national du Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) a, après sa réunion d’hier, relative à l’évaluation de la journée nationale de protestation des enseignants observée le 24 janvier dernier, enregistré la forte adhésion de ses adhérents à l’option d’un débrayage national d’une semaine. Cette grève sera observée, selon le même syndicat, du 25 février au 2 mars. La réunion du conseil national du CNES prévue pour le 14 février «devra seulement proclamer et consolider les résultats de l’évaluation du bureau national», a indiqué Farid Cherbal, membre du bureau et coordinateur pour la région du centre. L’option pour la grève sera, sauf imprévu de taille, «irréversible», estime pour sa part le coordinateur national, Ali Boukaroura. En même temps que son annonce de la grève nationale, le bureau national du CNES s’est longuement attardé sur l’intervention du chef du gouvernement devant les sénateurs, mercredi dernier, relative au dossier de l’enseignement supérieur. Il juge les propos du chef de gouvernement à ce sujet de «déplacés» par rapport aux revendications des enseignants. Pour le bureau national, le discours du chef de l’exécutif «sème plutôt le désespoir parce qu’il ignore les revendications légitimes des enseignants». Le bureau a rappelé en outre, que les augmentations des salaires et la promulgation d’un «statut digne» pour l’enseignant «ne peuvent être liées à des considérations, notamment économiques au moment où le pays se trouve dans de bonnes conditions financières». D’autant, précise-t-il, que «les enseignants relèvent de la fonction publique et non du secteur économique».

Par ailleurs, la Coordination nationale des syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (CNASES) regroupant plusieurs Syndicats des professeurs et maîtres de conférences (ANPMC), le Syndicat des chercheurs permanents (SNCP), le Syndicat des maîtres assistants en sciences médicales (SNMA-SM) et le Syndicat des docents (SNPD-SM) ont manifesté leur intention de se joindre à cette grève. Dans une déclaration sanctionnant leur réunion tenue dimanche dernier, on y lit: «le CNASES interpelle les pouvoirs publics pour l’ouverture urgente de négociations sérieuses pour la prise en charge de revendications justes et légitimes de l’enseignant, des chercheurs du supérieur, des chercheurs permanents et des chercheurs hospitalo-universitaires». L’élaboration d’une charte commune de coordination intersyndicale et l’adoption d’une plate-forme commune de revendications figurent à l’ordre du jour du CNASET. En attendant, la coordination doit d’ici au 15 février prochain, soumettre à sa base pour consultation, sa décision d’adhésion à la grève.

Salah-Eddine K.