Le ministre de L’enseignement supérieur: “La grève est illégale”

Le ministre de l’enseignement supérieur l’a déclaré hier

“La grève est illégale”

SAMIR BENMALEK, Liberté, 7 septembre 2006

Le ministre a indiqué hier que la plupart des revendications des enseignants du supérieur telles qu’exprimées en 2002 ont été satisfaites.

À la vieille de la rentrée universitaire, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Rachid Harraoubia, a animé hier, au siège de son département, une rencontre de presse au cours de laquelle il est revenu sur certains dossiers d’actualité qui marquent son secteur. La rentrée universitaire 2006-2007 est évidemment marquée par le non-déroulement, dans certaines universités, en ce mois de septembre, des examens initialement programmés en mai, en raison de la grève des enseignants. À ce sujet, le ministre a donné des indications sur le taux de suivi de ce mouvement de protestation : “Sur les 60 établissements universitaires que compte le pays, seulement trois ont été touchés à hauteur de 20% par la grève alors que dans deux autres, il y a un semblant de grève. Il y a par conséquent 55 établissements qui fonctionnent normalement.” Selon le ministre, ce sont les universités d’Oran, de Bab-Ezzouar, de Béjaïa et de Sidi Bel- Abbès qui sont les plus affectées par cette grève. Afin d’assurer le déroulement des examens reportés, et en réponse à la question d’un journaliste, le ministre s’est dit compter sur la sensibilisation et l’objectivité des enseignants notamment. “Ceux qui ne sont ni pour ni contre la grève. Actuellement, ce sont les étudiants qui sont pris en otages. J’espère que nous ne serons pas obligés d’appliquer la loi”. En conclusion de quoi, il affirme qu’il a “bon espoir de voir la situation se débloquer d’ici 3 à 4 jours”.
Lors de cette rencontre, à laquelle ont également pris part des recteurs et des directeurs centraux du ministère, le ministre est longuement revenu sur les rapports conflictuels qu’entretiennent les enseignants du supérieur avec la tutelle. Relations marquées cette année par la mise sous contrôle judiciaire, au mois de mai de cette année, et les poursuites engagées contre trois enseignants de l’Université de Constantine, d’Oran et celle de Bab-Ezzouar. Préférant l’apaisement au durcissement, il dira que les contrôles judiciaires ont été levés et que le ministère a retiré sa plainte déposée contre les trois enseignants, en l’occurrence Farid Cherbal, Mustapha Mechab et Khaled Bessila : “La justice a pris acte de notre demande, mais il est malheureux de constater que les enseignants la posent toujours comme préalable à la reprise de leurs activités.”
Au chapitre de la grève qui “a terni l’image de l’USTHB”, Rachid Harraoubia dira qu’à partir de juin 2002, date à laquelle il a pris ses fonctions ministérielles, la grève était déjà vieille de deux mois et portait sur des revendications telles que la revalorisation des salaires, l’octroi de logements, le statut spécifique des enseignants du supérieur et l’élection du doyen d’université. “Je considère qu’en 2006 l’ensemble de ces revendications ont été satisfaites”, a déclaré le ministre qui en veut pour preuve l’augmentation des salaires intervenue dans le cadre de la fonction publique, “la plus importante augmentation de la fonction publique”. Par ailleurs, le ministère a bénéficié de 11 000 logements qui ne sont plus des logements de fonction mais attribués comme logements sociaux. Le statut particulier des enseignants du supérieur, autre argument toujours avancé par les enseignants grévistes, est selon Harraoubia, en bonne voie de règlement. “Ce statut existe, nous attendons seulement les textes d’application”. Enfin, le ministre s’est demandé si les élections, celles du doyen d’université, signifient qu’il y a démocratie. “L’expérience vécue par l’Algérie nous dit que non. Au sein du conseil d’administration de chaque établissement, les enseignants sont majoritaires. N’y a-t-il pas là démocratie ?” Rachid Harraoubia a, par ailleurs, annoncé qu’une enveloppe de 4 milliards de dollars a été débloquée pour les 4 années à venir et qu’ils seront uniquement destinés à l’acquisition d’équipements. Cet argent sera additionné aux 10 milliards de dinars, prévus pour 2007, qui seront, selon lui, consacrés à la recherche scientifique. Pour leur part, les étudiants majors de leur promotion et après concours, pourront bénéficier des 100 bourses par année pour poursuivre leurs études à l’étranger.

SAMIR BENMALEK