ArcelorMittal Annaba : 5600 sidérurgistes en grève générale

ArcelorMittal Annaba : 5600 sidérurgistes en grève générale

El Watan, 28 mai 2011

Suite à l’échec des négociations enregistré entre le partenaire social et l’employeur, tous les membres des sections syndicales ont voté à l’unanimité la paralysie à partir d’aujourd’hui, à 13h, des activités du complexe sidérurgique d’El Hadjar.

Le complexe sidérurgique ArcelorMittal El Hadjar, qui emploie plus de 5600 travailleurs, sera totalement paralysé à partir d’aujourd’hui à 13h. Cette décision a été votée et maintenue à l’unanimité par tous les membres des sections syndicales, suite à l’échec des négociations enregistré entre le partenaire social et l’employeur. Ce dernier a proposé une augmentation salariale de 24% répartis sur 3 ans, dont 12% sont conditionnés par des résultats de production. Une proposition que le syndicat a qualifiée d’humiliante et en deçà des attentes des travailleurs. «Nous avons décidé de maintenir le mot d’ordre de grève générale et illimitée à partir d’aujourd’hui. Les négociations engagées avec la direction générale d’ArcelorMittal El Hadjar n’ont abouti à rien, si ce n’est une augmentation humiliante de 24% répartie sur 3 ans dont 50% sont conditionnés par des objectifs de production. Ce qui n’est pas le cas pour les expatriés dont le coût de chacun revient à 2 millions de dinars/mois», précise le secrétaire général du syndicat de l’entreprise, Smaïn Kouadria.

La grève engendrera, ajoute-il, l’arrêt total de l’usine dont les hauts fourneaux, la PMA, les deux aciéries à oxygène et l’aciérie électrique ainsi que tous les laminoirs à chaud et à froid (LRB, LFR, RPA, LAF, LAC). A ceux-là, il faut ajouter la fermeture de tous les dépôts régionaux de vente implantés à Alger, Oran, Annaba et Skikda. Plus grave encore, toutes les expéditions, tous produits confondus, seront gelées. Devant cette sérieuse menace de paralyser totalement la production du complexe, l’employeur a réagi. Dans un appel adressé aux travailleurs, Vincent Legouic a tenté de les sensibiliser : «Nous pensons que la grève est à la fois inutile, contreproductive et risque de compromettre la viabilité de notre entreprise. Notre clientèle est en attente de livraison de ses commandes depuis plusieurs mois. Une interruption de production et de livraison ne fera que détériorer davantage notre image de marque et fragilisera ainsi notre position sur le marché».

Et pour toucher la sensibilité de ses travailleurs, le directeur général a rappelé : «Notre entreprise est en difficulté financière grave. Mais nous sommes en train de négocier parce qu’on croit en la réussite et en la capacité de nos employés à relever les défis. Le syndicat doit aussi y croire, c’est pourquoi nous conditionnons une partie des augmentations par l’atteinte des résultats.» Par ailleurs, il n’a pas omis de menacer que «conformément à la réglementation en vigueur, les journées de grève ne sont pas rémunérées».
Mohamed Fawzi Gaïdi