Les enseignants du supérieur vont reconduire leur mouvement de grève

Les enseignants du supérieur vont reconduire leur mouvement de grève

par Mohamed Khellaf, Le Jeune Indépendant, 2 septembre 2006

Le mouvement de protestation des enseignants reprendra à l’occasion de la rentrée universitaire. Le syndicat du CNES, qui a observé une «trêve» d’un peu plus d’un mois, met en garde le ministre de l’Enseignement supérieur contre toute tentative de contrecarrer le mouvement en utilisant les éléments du personnel de contrôle et de sécurité des établissements universitaires.

Toutefois, ce syndicat demande à être reçu par le chef du gouvernement et qu’il lui soit permit de contribuer à une issue salutaire à cette crise de l’université. La coordination nationale des sections du CNES a appelé hier, dans une déclaration rendue publique, les enseignants à rependre leur mouvement de grève suspendu depuis 34 jours.

La coordination exhorte ses adhérents à signer exclusivement les procès-verbaux de reprise habituelle, de poursuivre leur grève, conformément aux votes des assemblées générales du 22 juillet dernier, et tenir leur AG «immédiatement pour débattre la mise en œuvre des perspectives du mouvement de protestation.

Notre mouvement de grève ouverte sera évalué hebdomadairement et une réunion de la coordination nationale est d’ores et déjà prévue le 7 septembre 2006», est-il écrit dans la déclaration. Cette résolution du CNES a été adoptée à l’occasion de la 6e rencontre nationale, tenue le 28 et 29 août dernier.

Les représentants des sections syndicales de 19 établissements universitaires de l’est, de l’ouest et du centre du pays, en grève, ont pris part à cette réunion qui a été consacrée à l’examen de la situation et au bilan. «A la veille de la rentrée universitaire et après 34 jours de suspension de la grève nationale ouverte, il était attendu, par les enseignantes et enseignants en grève, des réponses concrètes et sérieuses à la plate-forme revendicative, au delà du préalable de la levée des poursuites judicaires», peut-on lire dans la déclaration comme motifs de reconduction du mouvement.

Ainsi, les enseignants rédacteurs de la déclaration relèvent que les représentants coordinateurs de l’ouest et du centre, Mustapha Mechab et Farid Cherbal, sont toujours sous le coup de poursuites judiciaires, et le délégué de Béjaïa, Mohand Saddek Akrour, continue de subir un harcèlement judiciaire.

Il est fait état aussi du gel de la section de Blida et l’interdiction des activités syndicales par le recteur. Par ailleurs, le CNES exhorte les enseignants à réfléchir à toutes actions d’envergure nationale à même de renforcer le mouvement afin de faire aboutir les revendications.

Par la même occasion, il met en garde le ministre de tutelle sur l’utilisation «par certains chefs d’établissements des éléments du personnel de contrôle et de sécurité comme milices pour contrecarrer le mouvement de grève, sachant que la réglementation concernant ces personnels interdit explicitement leur intervention dans les conflits sociaux.

Le ministre et les chefs d’établissements seront tenus responsables de tout dérapage résultant de cette utilisation», menace le CNES. La coordination fait incomber la responsabilité au ministère qui, selon elle, s’entête à tourner le dos aux revendications des enseignants.

M. K.