Le droit à la grève menacé ?

LE NOUVEAU CODE DU TRAVAIL PRIVILEGIE LA « NEGOCIATION »

Le droit à la grève menacé ?

Le Soir d’Algérie, 25 janvier 2006

Le nouveau code du travail risque de remettre en cause l’exercice syndical. Le recours à la grève pourrait obéir à des conditions plus draconiennes. Les conclusions de la commission tripartite chargée d’élaborer le nouveau texte n’a pas encore rendu publiques ses conclusions mais Tayeb Louh a déjà donné le la : “Le droit syndical ne doit en aucun cas déraper et mettre en péril l’intérêt de la collectivité”, a-t-il soutenu hier, insistant sur la nécessité de favoriser la négociation plutôt que l’affrontement.

Nawal Imès – Alger (Le Soir) – En réunissant hier les inspecteurs du travail, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale s’est félicité de la baisse du nombre des grèves en 2005. Il est effectivement passé de 35 en 2004 à 23 en 2005, souvent motivées par des litiges liés au non-paiement des salaires. Le monde du travail a connu cependant pas moins de 40 000 litiges individuels traités au niveau des différentes Inspections du travail. Seules 2000 affaires ont pu être réglées, le reste est toujours en négociation auprès des bureaux de conciliation. De leur côté, les Inspections du travail ont pu constater plusieurs infractions liées au défaut de déclaration des employés, des mauvaises conditions de travail. Le contrôle a concerné un volume de millions de travailleurs avec un total de plus de 58 000 infractions. La justice a eu à en traiter 20%. Autre gros dossier qui mine les relations employeurs-employés, les retards dans le versement des salaires. Le ministre du Travail a fait savoir hier que le problème était en phase d’être pris en charge. Un groupe du travail composé de représentants de l’UGTA, du ministère du Travail et de la Sécurité sociale et ceux du ministère des Participations a étudié la question “au cas par cas”. Le Conseil des participations de l’Etat a d’ailleurs décidé de régler définitivement la question en indemnisant l’ensemble des travailleurs. Louh n’a cependant révélé ni le montant de la somme allouée à cette opération, ni le nombre de travailleurs concernés. Seule certitude : cette question ne viendra plus miner le dialogue lors de la tripartite. A l’adresse des inspecteurs du travail réunis hier au niveau du ministère, le premier responsable du secteur les a sommés de veiller à l’application des lois. L’inspecteur du travail est ainsi appelé à jouer pleinement son rôle. Une nouvelle organisation sera incessamment mise en place. L’administration centrale promet plus de moyens mais affirme qu’elle sera plus exigeante. En octroyant 1 milliard de dinars pour l’équipement des différentes inspections, elle exige de meilleurs résultats. N. I..