« Salah Djenouhat est indésirable»

Rassemblement des cadres syndicaux de la wilaya d’Alger

« Salah Djenouhat est indésirable»

El Watan, 4 juin 2008

La maison UGTA ne se porte pas bien. Elle est malade de ses hommes qui la gèrent comme étant leur propriété privée. »

C’est du moins ce que pense la centaine de syndicalistes rassemblée hier au niveau du siège de la centrale syndicale. Plusieurs représentants de différentes fédérations et des cadres syndicaux de la wilaya d’Alger ont animé cette manifestation, deuxième du genre. Ils demandent tous le départ de Salah Djenouhat de la tête de l’union de wilaya d’Alger et l’organisation d’élections démocratiques. Salah Djenouhat, l’homme pressenti au poste de secrétaire général adjoint de l’UGTA, poste créé à l’issue des travaux du 11e congrès, se trouve aujourd’hui fortement décrié et contesté.

Il est accusé, entre autres, d’outrepasser ses prérogatives et d’agir dans l’illégalité puisque le congrès de l’union de wilaya n’a pas été tenu depuis 11 ans. Il est aussi, d’après les syndicalistes, à « l’origine de la situation organique désastreuse et catastrophique de l’union de wilaya d’Alger ». Une situation qui a généré, selon les mêmes syndicalistes, « toutes les suspensions, les exclusions, les intimidations, les désignations de responsables syndicalistes sans élections, la délivrance de procès-verbaux d’installation de structures syndicales dans les cafés, l’absence d’assemblées générales des cadres syndicaux, les congrès préfabriqués… ».

Les présents à ce rassemblement ont énuméré d’autres reproches et critiques tout en exprimant leur « ras-le-bol » de cette crise qui dure depuis des années. Ils scandaient « Sept ans barakat », « Halte à la hogra et au business » et réclamaient avec insistance « la tenue dans les plus brefs délais d’un congrès pour élire le nouveau SG de l’union de wilaya ». « L’union de wilaya d’Alger est défaillante. Ses adhérents l’ont quittée pour grossir les rangs des syndicats autonomes. Pour remédier à cette situation, il faut laisser les militants actifs prendre les rênes de l’union. Il faut, à cet effet, ouvrir le débat, il faut une opposition et le respect de la minorité, il faut aussi prendre en charge les doléances des travailleurs », a souligné M. Debiane, initiateur de ce mouvement de protestation. Celui-ci dénonce « la prise en otage de l’union de wilaya par Salah Djenouhat ». Les syndicalistes ont clamé, par ailleurs, et avec insistance, l’intervention de Sidi Saïd afin de donner la chance aux sociétés publiques, aujourd’hui en difficulté, d’avoir un nouveau départ. Dans une déclaration sanctionnant le sit-in d’hier, les cadres syndicaux ont fait état d’une série de problèmes qui perturbent le fonctionnement de l’union de wilaya. Il s’agit de la non- constitution de sections syndicales, de l’absence de bureaux ou de SG de bureaux ainsi que le non-renouvellement du mandat pour les sections existantes.

Ladite déclaration fait état, en outre, du non-respect du statut et du règlement intérieur, puisque les désignations ont pris le dessus sur l’élection des membres du bureau, et parle de vide syndical dû à l’absence de sections dans certaines entreprises, « chose qui a facilité le licenciement de plusieurs travailleurs et la fermeture de ces entreprises », indiquent les syndicalistes. Ces derniers dénoncent, à cet effet, le licenciement abusif et sans décision de travailleurs ayant eu le courage de dénoncer la mauvaise gestion des œuvres sociales. « Nous sommes des éducatrices dans un jardin d’enfants, certaines d’entre nous ont été licenciées et d’autres mutées vers d’autres établissements, et ce, pour avoir demandé une commission d’enquête pour faire la lumière sur l’argent des œuvres sociales qui n’a pas été octroyé à ses ayants droit depuis huit ans », a soutenu une éducatrice qui incrimine l’union de wilaya et l’accuse d’être derrière ce complot.

La colère ne se limite pas à ce secteur uniquement, les syndicalistes ont aussi fait part de la compression ayant touché 250 travailleurs de CNAN Maghreb Line, « à l’heure où le partenaire social a été obligé par l’union de wilaya d’Alger d’arrêter d’activer ». Le rassemblement a d’ailleurs compté dans sa majorité des syndicalistes ayant fait l’objet d’expulsion des rangs de l’union de wilaya qui ont tenu à dénoncer « la marginalisation » dont ils ont fait l’objet et demandent l’intervention du SG de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, pour leur réintégration et l’installation d’une commission chargée de gérer les affaires de l’union de wilaya. Les cadres syndicaux appellent à l’instauration d’un comité des cadres syndicaux de la wilaya d’Alger qui va être à l’écoute des préoccupations des travailleurs, dans l’attente de l’installation de la commission de préparation du congrès de l’union de wilaya d’Alger par le secrétariat national.
Services

Par Nabila Amir