Sit-in des étudiants

Sit-in des étudiants

Le départ de Harraoubia réclamé

El Watan, 24 février 2011

Les étudiants algériens ne font plus confiance aux décisions du Conseil des ministres.

Peu satisfaits, les élèves des grandes écoles et des différentes universités continuent d’observer leur sit-in devant la tutelle, en attendant la publication d’un nouveau décret dans le Journal officiel. Il convient de rappeler que les établissements sont paralysés depuis plus deux semaines. «La réponse du Conseil des ministres reste ambiguë. Son communiqué n’a pas précisé s’il annule le décret 10-315 pour revenir à l’application du décret promulgué en 2007 ou s’il procède à la promulgation d’un nouveau décret», explique un étudiant.
Ses camarades avertissent des conséquences de l’application du décret de 2007. «Ce décret doit être révisé en fonction de nos revendications. Dans le cas de la promulgation d’un nouveau décret, nous exigeons la prise en considération de toutes nos revendications. L’annulation du décret n’est qu’une revendication parmi d’autres sur une liste que nous avons présentée aux représentants du ministère», ont-ils exigé.

En plus de l’abrogation de décret 10-315, le Conseil des ministres a avalisé les recommandations de la conférence nationale des chefs d’établissements universitaires. Pour rappel, les étudiants se sont déjà prononcés par rapport à ces recommandations, estimant que ceux qui ont participé à cette conférence ne les représentent pas. Les représentants des grandes écoles qui voulaient se réunir, hier, avec le ministre pour demander plus de précisions ont vu leur requête rejetée. Ce qui a accentué la colère des étudiants rassemblés devant le ministère de l’Enseignement supérieur. Pour la reprise des négociations avec les représentants du MESRS, les étudiants rencontrés refusent de dialoguer. Ils sont toujours désappointés par l’attitude de M. Harraoubia qui garde jusque-là le silence au sujet de la répression sauvage qui s’est abattue sur les protestataires. «Nous exigeons le départ de Harraoubia et les excuses officielles du ministère», ont-ils clamé.

Djedjiga Rahmani


Le conseil des ministres abroge le décret présidentiel 10-315

Les étudiants ont eu gain de cause

Par : Malika Ben, Liberté, 24 février 2011

Les dernières modifications qui ont provoqué l’ire des étudiants et ingénieurs des grandes écoles, qui n’ont pas hésité à exhiber leur carte d’étudiant face aux matraques des forces antiémeutes, ont été abrogées par le Conseil des ministres.

Bonne nouvelle pour les étudiants des grandes écoles et des universités, en grève depuis près d’une quinzaine de jours. Leur persévérance et leur détermination à arracher leurs droits en bravant matraque et bâton des forces antiémeutes ont fini par payer. Le Conseil des ministres, tenu mardi dernier, a, contre toute attente, abordé, voire tranché, le problème des modifications du décret présidentiel 10-315, contesté par les étudiants des grandes écoles et certaines universités touchées.
En effet, alors que les regards et les attentes s’étaient focalisés sur l’annonce de la levée de l’état d’urgence, le Conseil des ministres a créé la surprise en annonçant également l’abrogation du décret présidentiel 10-315 du 13 décembre 2010 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires. En fait, au moment de la tenue du Conseil des ministres, les étudiants, qui ne s’attendaient point à la surprise, organisaient, de leur côté, leur énième rassemblement devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Certains, comme c’est le cas depuis une semaine, ont campé à la belle étoile devant le département de Harraoubia. La nouvelle tant espérée et revendiquée pacifiquement n’a été sue qu’en début de soirée au JT de 20 heures. Les délégués des étudiants n’arrivaient pas à y croire. “Tant que nous n’avons pas vu l’écrit, nous avons du mal à le croire”, confie l’un d’eux. Pourtant, le communiqué sanctionnant les travaux du Conseil des ministres est clair. “Le Conseil des ministres a, par la suite, entendu une communication relative au processus de mise en œuvre du système LMD à l’université. À ce titre, il a pris connaissance des recommandations de la Conférence nationale des chefs d’établissement universitaire, qui, en sa qualité d’autorité pédagogique universitaire a confirmé la validité du diplôme d’ingénieur d’État délivré par les établissements d’enseignement supérieur, le maintien des formations de magistère pour les diplômés de l’ancien système de formation universitaire, jusqu’à son extinction normale, l’inscription comme priorité, l’élaboration des textes devant régir les correspondances entre l’ancien système et le système LMD, tel que prévu par la loi d’orientation de février 2008, et a recommandé l’abrogation des dispositions nouvelles mises en place en décembre 2010.” Le communiqué poursuit : “À l’issue du débat, le Conseil des ministres a décidé d’abroger le décret présidentiel du 13 décembre 2010. Le Conseil des ministres a ainsi avalisé les recommandations de la Conférence nationale des chefs d’établissement universitaire.” Autrement dit, le classement des diplômés ayant un bac + 5 ans de formation supérieure et les licenciés + post-graduation spécialisée à la catégorie 13, au lieu de la 16, est annulé. De même que l’alignement du magistère-mastère. L’initiative du président de la République devrait mettre fin à la grève des étudiants. Cependant, certains délégués qui ont encadré la contestation affirment qu’ils ne sont pas près d’oublier, encore moins de pardonner, les coups et blessures dont ils ont fait l’objet. Ils tiennent le ministre de l’Enseignement supérieur pour “responsable”.