Enseignants contractuels : Sit-in aujourd’hui devant le ministère de l’Education

Enseignants contractuels : Sit-in aujourd’hui devant le ministère de l’Education

par Salah-Eddine. K., Le Quotidien d’Oran, 30 juillet 2008

Représentants de l’intersyndicale de la fonction publique ainsi que des enseignants contractuels de 12 wilayas du pays se sont donnés le mot pour observer un sit-in, aujourd’hui à 13 heures, devant le siège du ministère de l’Education nationale à Alger, a-t-on indiqué, hier, au siège du Snapap lors d’une conférence de presse. La délégation, qui compte rencontrer le ministre, sera composée de syndicalistes du Satef, Ceca, Snapap, Cnapest et Cla, n’a pas, a-t-on précisé, la prétention de parler au nom des grévistes, elle fera juste « office d’intermédiaire » entre les enseignants contractuels et la tutelle. Une lettre sera remise au ministre de l’Education nationale, Aboubakr Benbouzid, contenant leurs revendications et la délégation insistera, à l’occasion, pour qu’un dialogue s’ouvre entre la tutelle et les contractuels.

Au siège du Snapap, à El-Harrach, Alger, la grève de la faim, menée par les contractuels, ne semble pas prendre tant que le dossier « ne soit traité sous tous ses aspects » par la tutelle. « Nous ne reculerons pas », dira un gréviste visiblement exténué qui s’est déplacé de la salle au niveau du même siège et où se trouvent les 35 enseignantes et enseignants en grève de la faim depuis déjà 16 jours.

Les membres de l’intersyndicale et du comité de suivi de la grève avertissent que le mouvement de grève peut s’élargir à d’autres enseignants. Et selon M. Sadali du Satef, «l’étincelle peut devenir brasier».

Les membres de l’intersyndicale n’ont pas manqué de critiquer le concours organisé par la tutelle pour le recrutement d’enseignants le qualifiant de « poudre aux yeux ». « D’ailleurs, cela n’a rien à voir avec ce que le mot concours signifie dont l’objectif est de tester les capacités du candidat », selon des témoignages d’enseignantes contractuelles qui, pendant la matinée d’hier, ont passé justement ce concours. Elles affirment avoir seulement répondu à des questions orales du genre « pourquoi êtes vous venu à l’enseignement ? » ou encore « quel est votre curriculum vitae ? ». Une manière, soupçonnent les syndicats, qui permet de ne permaniser que les amis ou les personnes recommandées, alors que la logique veut qu’il y ait un examen qui détermine les aptitudes de chacun des candidats. Une syndicaliste du Conseil des lycées d’Alger trouve absurde que ces enseignants, bien qu’ils échouent dans leur concours, le ministère leur fait appel ensuite pour enseigner. Les enseignants disent ne pas croire au concours organisé par la tutelle. Pour eux, la solution est que les pouvoirs publics se penchent sérieusement sur ce dossier et procèdent au recrutement et à l’intégration des concernés. Un syndicaliste signale, pour l’exemple, que depuis 1995, aucun retraité n’a été remplacé par une recrue. Occupant des postes précaires, les enseignants contractuels restent les plus mal payés et ce, malgré leur longue expérience.

Des partis politiques, FFS, RCD, PT, Nahda, PST et autres CCDR et CNLS prendront part à ce sit-in, indique-t-on auprès du comité de suivi de la grève. Dans un communiqué rendu public lundi, le ministère de l’Education a indiqué que le concours national de recrutement d’enseignants constitue une opportunité inégalée pour les enseignants contractuels d’accéder à la titularisation. «A la veille du déroulement du concours national de recrutement d’enseignants, et qui comporte pour cette année l’ouverture sans précédent de 27.000 postes budgétaires dont 14.000 sont destinés à l’enseignement moyen», le ministère de l’Education nationale «tient à réitérer, en direction des enseignants suppléants exerçant à titre de contractuels, que les pouvoirs publics leur offrent une opportunité inégalée d’accéder à la titularisation, selon la loi».

Le ministère précise que le recrutement des fonctionnaires est soumis au principe de l’égal accès aux emplois publics et à l’obligation de subir un concours, tels que définis par l’ordonnance 06-03 du 15 juillet portant statut général de la Fonction publique. Il est toutefois souligné que les enseignants concernés qui ont déposé leurs candidatures au concours de recrutement, et ayant assuré des suppléances, doivent savoir qu’une bonification liée à l’expérience professionnelle leur est affectée pour chaque année de suppléance exercée, reconnue par la Fonction publique. Ils doivent également savoir que dans le cas où ils ne réussissent pas au concours, malgré les bonifications prévues, ajoute la même source, le ministère de l’Education nationale est disposé à les réemployer à leurs postes de vacataires, en fonction des besoins du secteur. Il est par ailleurs précisé que le recours à des enseignants recrutés sur la base d’un contrat est une pratique réglementaire usitée de par le monde.