Enseignants contractuels : L’état de santé des grévistes de la faim inquiète

Enseignants contractuels : L’état de santé des grévistes de la faim inquiète

par Sofiane M., Le Quotidien d’Oran, 4 août 2008

L’état de santé des 58 enseignants contractuels en grève de la faim depuis mi-juillet dernier s’est gravement détérioré, ces derniers jours, après l’évacuation d’une trentaine de grévistes vers les urgences médico-chirurgicales dans un état comateux, a averti hier, dans un communiqué, le Conseil national de la santé publique. Le bureau national de ce conseil relevant du SNAPAP vient, en effet, de tirer la sonnette d’alerte sur cette grave détérioration de la santé des grévistes, tout en appelant les pouvoirs publics et particulièrement le ministère de l’Education nationale et celui de la Santé et de la réforme hospitalière à intervenir au plus vite pour éviter le pire. Samedi, au 21ème jour de la grève de la faim menée par des enseignants contractuels pour exiger leur droit à la permanisation, les médecins du Conseil national de la santé publique ont constaté de nombreux symptômes d’affaiblissement général des grévistes (diminution de poids supérieur à 38 %, hypotension artériel, hypoglycémie, crampes musculaires, dysfonctionnement de l’appareil digestif, évanouissement et palpitations).

Pour les médecins, ces symptômes d’affaiblissement général doivent être pris au sérieux d’autant que l’état psychique des grévistes après 21 jour de grève de la faim demeure des plus préoccupants. Une surveillance médicale permanente est désormais nécessaire pour éviter des complications de l’état de santé des grévistes. Dans cet ordre d’idée, le Conseil national de la santé publique a lancé un appel aux pouvoirs publics, pour l’envoi d’une délégation médicale afin de prendre en charge les concernés. Il recommande également l’ouverture d’un dialogue sérieux pour trouver une issue favorable aux légitimes revendications des enseignants contractuels. « Les pouvoirs publics doivent prendre leur responsabilité. La vie des 58 grévistes est sérieusement en danger si aucune prise en charge médicale n’est assurée dans les tout prochains jours », avertit les rédacteurs du communiqué. A noter que le bras de fer entre les enseignants contractuels et le ministère de l’Education nationale perdure depuis plusieurs mois déjà en raison du rejet de la tutelle de la plate-forme des revendications de cette frange.

Jeudi dernier, le ministère de tutelle avait donné des assurances pour l’octroi d’une « bonification spéciale » pour les contractuels ayant participé au concours de recrutement du 29 juillet 2008, sans préciser la nature de cette bonification. Cependant, les assurances de la tutelle ont été accueillies avec méfiance par les enseignants contractuels qui accusent le ministère de lancer des promesses dans le seul but de casser le mouvement de contestation. Devant l’évolution des événements, les représentants des enseignants contractuels ont décidé de recourir au durcissement du mouvement de contestation. Après l’avortement jeudi dernier de la tentative de sit-in devant le siège du ministère de tutelle, les concernés viennent d’annoncer la tenue d’un rassemblement ce mardi devant la présidence de la République, pour demander l’intervention directe du premier magistrat du pays.