Les syndicats de la Fonction publique reprennent la contestation

Loi sur la retraite, code du travail et pouvoir d’achat

Les syndicats de la Fonction publique reprennent la contestation

Liberté, 4 avril 2018

Les syndicats autonomes vont observer aujourd’hui une journée de protestation nationale et tenir quatre sit-in régionaux, à Bouira (Centre), à Laghouat (Sud), à Oran (Ouest) et à Annaba (Est), prévus sur les places publiques, notamment devant les sièges de wilaya.
Cette protestation, qui sera caractérisée par des arrêts de travail des fonctionnaires de quatre secteurs de la Fonction publique (éducation, santé, administration et formation professionnelle), est destinée à rappeler aux bons souvenirs du gouvernement la plateforme des revendications qui lui avait été soumise et qui tourne autour des quatre principaux dossiers, à savoir la loi sur la retraite, le code du travail, le pouvoir d’achat des fonctionnaires et la liberté d’exercice syndical.
Elle se veut aussi une réponse indirecte au gouvernement, à travers le ministère du Travail, auteur d’une correspondance adressée aux organisations syndicales, les sommant de prouver, avant le 31 mars dernier, leur représentativité à hauteur de 20% des travailleurs de leurs secteurs respectifs, faute de quoi, ces organisations syndicales seront privées du droit de grève et de représentation lors de négociations ou dans la tripartite.
En guise de réponse, elles envisagent de démontrer leur légitimité à travers la mobilisation sur le terrain et l’exercice de leur droit constitutionnel de recourir à la grève, qui ne saurait, en aucun cas, être tributaire du degré de représentativité.
D’ailleurs, suivant cette logique, si on applique cette règle de 20% à tous les syndicats, aucun n’y échapperait, y compris le syndicat historique, en ce sens que “le taux global de syndicalisation en Algérie est de 10,9%, et même si tous les syndiqués étaient de l’UGTA, celle-ci n’aurait pas 20%”, indique Meziane Meriane, le coordinateur national du Syndicat national des professeurs d’enseignement secondaire et technique (Snapest), qui reprend une étude faite et présentée par Noureddine Bouderba , un expert du monde du travail, lors d’une récente journée d’étude.
De plus, les syndicats estiment que le recours du département du Travail à de telles mesures ne peut les dissuader d’œuvrer à réaliser leurs objectifs, comme l’affirme le vice-président du Conseil national des enseignants des lycées d’Algérie (Cela), qui rappelle que “casser le thermomètre ne fait pas baisser la fièvre”, en ce sens que les entraves à l’action syndicale ne calmera pas le front social et n’évitera pas au gouvernement de voir les grèves se multiplier.

Amar R.