500.000 communaux grognent

ILS MENACENT D’UN ARRÊT DE TRAVAIL LE 21 FÉVRIER

500.000 communaux grognent

L’Expression, 14 Février 2011

C’est le citoyen qui va trinquer lors de ce débrayage

Une grève de trois jours renouvelables jusqu’à satisfaction de toutes leurs revendications.

500.000 travailleurs des APC menacent de se mettre en grève à partir du 21 février, si l’administration ne donne pas suite à leurs revendications et persiste dans son refus de réintégrer tous leurs collègues écartés pour activité syndicale.
Dans un entretien qu’il a accordé au quotidien arabophone El Khabar de dimanche, le président du conseil syndical de la Snapap, Ali Yahia a indiqué que «les travailleurs communaux n’ont d’autre choix que de geler leurs activités pour dénoncer les autorités et le mépris qu’elle continue d’afficher à l’égard des travailleurs communaux».
Une semaine, c’est le délai qu’ils accordent aux autorités. Si d’ici le 21 février, des décisions allant dans le sens de l’apaisement ne sont pas prises, ils mettront à exécution leurs menaces. Objet du litige, l’actuel Code communal qui, selon les travailleurs, ne répond plus à leurs aspirations et exigent l’application de nouvelles mesures qui prennent en charge l’ensemble de leurs revendications, notamment celles relatives à l’exercice du droit syndical et la réintégration des élus licenciés ou suspendus injustement à cause de leur mandat syndical. «Les travailleurs de toutes les APC situées sur le territoire national, ont décidé d’observer une grève de trois jours renouvelables jusqu’à satisfaction de toutes leurs revendications légitimes, à compter de cette date», a ajouté le leader de la Snapap.
Nombre d’entre eux avaient porté l’affaire devant les tribunaux et seraient sortis vainqueurs du bras de fer qui les avait opposé à leurs APC, mais celles-ci auraient refusé de les réintégrer au prétexte que la loi le leur permettrait. Si oui, pourquoi alors toutes ces décisions de justice rendues, qui constituent l’ultime voie de recours du justiciable et sa seule porte de salut?
L’exercice syndical est un droit qui est reconnu par la Constitution. L’APC qui s’y opposerait se mettrait hors-la-loi et serait passible de sanctions.
D’ailleurs, que se passera-t-il si toutes les APC – elles seraient environ 1600 – fermaient pendant trois jours? Imaginons quelqu’un qui veut inscrire un nouveau-né ou faire enregistrer une personne décédée, comment fera-t-il pour régulariser sa situation? Imaginons aussi une personne qui veut renouveler sa pièce d’identité ou faire certifier un document indispensable pour se faire payer. D’autres cas de figure existent.

Kaci AGGAD