Ouzellaguen (Béjaïa) : Colère des travailleurs d’Ifri

Ouzellaguen (Béjaïa) : Colère des travailleurs d’Ifri

El Watan, 3 août 2009

Les travailleurs de l’entreprise d’eau minérale et de boissons gazeuses, Ifri, implantée à Ighzer Amokrane, chef-lieu de la commune d’Ouzellaguen (Béjaïa), ont enclenché depuis samedi dernier un mouvement de protestation pour exiger de meilleures conditions de travail et revendiquer des droits socio-professionnels.

Après avoir fermé la RN26 à la circulation de 8h à 9h, les protestataires se sont dirigés vers le siège de l’entreprise pour y observer un sit-in en brandissant des banderoles. Une plateforme de revendications non signée a été adressée à leur employeur et à la section syndicale de l’entreprise. Leurs doléances concernent, entre autres, la réintégration des travailleurs ayant fait l’objet d’une décision de fin de contrat, la confirmation de l’ensemble des contractuels, la régularisation des journaliers de chantier et de meilleures conditions de travail en matière d’hygiène et de sécurité. « C’est un mouvement de protestation spontané auquel nous n’avons pas été associés au départ de l’action », affirme de prime abord Khellaf Aït Saâdi, président de la section syndicale de l’entreprise.

Cette situation était, selon notre interlocuteur, quelque peu prévisible dans la mesure où, ajoutera-t-il, « toutes nos demandes d’audience adressées à l’employeur pour débattre sereinement dans un cadre organisé et réglementaire des problèmes des travailleurs sont restées lettre morte ». Le dernier constat brossé dans une lettre adressée, en date du 23 juillet dernier, au gérant d’Ifri, relève une gestion peu reluisante des ressources humaines et des conditions de travail à améliorer au niveau de certains postes. Devant cette situation tendue s’apparentant à une grève sans préavis, l’employeur aurait décidé de fermer carrément l’usine et d’engager une procédure judiciaire contre ceux qu’il considérerait comme fauteurs de troubles. Une réunion ayant regroupé les autorités locales, l’un des gérants, des membres de la section syndicale et de l’inspection du travail, ainsi que des représentants des comités de village de la commune, en vue de dénouer la crise, a été tenue hier au siège de l’APC. Toutes nos tentatives de joindre l’un des gérants pour de plus amples éclaircissements ont été vaines.

Par H. Aït El Djoudi