CNDDC: d’encombrants soutiens

CNDDC: d’encombrants soutiens

par Kharroubi Habib, Le Quotidien d’Oran, 2 avril 2013

Aux autorités qui ont présenté leur mouvement de revendication comme manipulé pour exécuter un agenda politique dont la finalité serait la sécession du sud du pays, les manifestants de Ouargla puis des autres wilayate du Sud ont répliqué en proclamant leur attachement indéfectible à l’unité nationale décrétée par eux « ligne rouge » dont ils combattront la transgression par quiconque. Ces mêmes chômeurs ont remis les pendules à l’heure concernant les sollicitudes intéressées dont leur mouvement fait l’objet de la part d’organisations de la société civile, les partis politiques et des représentants du courant islamiste. A ces milieux qui sont tentés d’influer sur l’action du Comité national pour la défense des droits des chômeurs dont il est le porte-parole, Tahar Belabbes a clairement et fermement signifié qu’ils doivent s’abstenir d’exploiter le mouvement.

Sans refuser les soutiens qui peuvent s’exprimer en faveur de la « protesta » des chômeurs, il leur impose toutefois la condition qu’ils ne visent pas à sa récupération politicienne. « Nos revendications sont sociales : il s’agit du droit à un poste de travail et de l’ouverture d’un dialogue direct et formel avec le gouvernement », a précisé Tahar Belabbes à l’endroit de ceux qui ont cru voir dans le mouvement qui les exprime l’amorce d’une insurrection citoyenne anti-pouvoir sur laquelle ils pourraient surfer pour faire aboutir leurs propres revendications d’ordre elles politique et partisan.

Le CNDDC a fait sa mise au point car conscient qu’en cherchant à s’afficher ostensiblement aux côtés des manifestants chômeurs du Sud, les organisations de la société civile, partis politiques et représentants du courant islamiste qui les courtisent et poussent à politiser leur mouvement offrent aux autorités l’argument de la manipulation politicienne de celui-ci et la justification à un refus de ne pas donner suite à leur engagement d’ouverture du dialogue social avec ses représentants. D’ailleurs pour hâter l’ouverture de celui-ci, le CNDDC a programmé d’autres manifestations dans les prochains jours. Façon de démontrer à ces autorités qu’elles font fausse route en misant sur l’essoufflement du mouvement des chômeurs ou sur sa récupération par des acteurs politiques ou sociaux qui leur permettrait d’en diaboliser une fois encore la nature et les objectifs.

Le mouvement auquel préside Tahar Belabbes affole incontestablement le pouvoir, dès lors que les actions pacifiques et parfaitement encadrées font tache d’huile, ce qui est la démonstration de l’échec de sa politique économique et sociale. Il l’affole d’autant par sa capacité de mobilisation, car rien ne l’empêchera d’user d’elle à l’occasion de l’échéance de l’élection présidentielle pour orienter les chômeurs vers le vote sanction contre le candidat du pouvoir au cas où celui-ci n’aura pas tenu les engagements pris à leur égard et ne fait pas la preuve de changement de sa politique économique et sociale qui a fait du chômage en Algérie une triste et révoltante réalité que ne justifient pas les ressources et les richesses du pays.