Reprise des cours, aujourd’hui: Le Cnapeste gèle sa grève

Reprise des cours, aujourd’hui: Le Cnapeste gèle sa grève

par M. Aziza, Le Quotidien d’Oran, 1 mars 2018

Le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’Education (CNAPESTE) a choisi la voie de l’apaisement, en décidant le gel de sa grève illimitée qui a duré dans le temps. Ainsi, le Cnapeste a lancé un appel aux enseignants grévistes pour reprendre les cours, dès aujourd’hui, (jeudi 1er mars 2018) après un débrayage d’un mois au niveau national et dépassant les trois mois, dans les wilayas de Béjaïa et Blida.

Cette décision tant attendue par les parents d’élèves et par la tutelle a été prise à l’issue des travaux de la session extraordinaire du Conseil national, tenue lundi et mardi, à Alger et Boumerdès. Une session qui restera ouverte, selon le CNAPESTE en attendant la prise en charge effective des revendications des enseignants grévistes et une éventuelle rencontre avec la ministre de l’Education. Au moment où le CNAPESTE était en conclave pour décider le gel ou la maintien de la grève, la ministre de l’Education avait annoncé, sur sa page, Facebook, qu’elle était « sensible à la situation des enseignants et en droite ligne des orientations du président de la République, sur le renforcement du dialogue et de la concertation, avec l’ensemble des partenaires sociaux , le ministère de l’Education nationale confirme, encore une fois, que les portes sont ouvertes pour tous les enseignants désireux déposer un recours auprès des directions de l’Education, et que toutes les mesures appropriées seront prises, dans les plus brefs délais ».

A priori, c’est cette politique de main tendue qui a apaisé les esprits et qui a conduit à cette décision de gel, qualifiée par les différents partenaires sociaux et des associations des parents d’élève de « sage ». La question que tout le monde se pose aujourd’hui, c’est comment rattraper les cours ratés ? Sachant que les séances de rattrapage des cours en retard qui ont été annoncées avec « réserve » par le ministère de l’Education et qui devaient être programmées, les samedis matin et les mardis après-midi et durant la première semaine des vacances de printemps, ne seront pas à l’ordre du jour. Cette option a été rejetée par les élèves eux-mêmes et par l’Administration par la suite. La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, a annoncé, dans un communiqué publié, toujours sur sa page Facebook officielle, qu’il n’y aura aucun changement dans la date des vacances de printemps. Des vacances prévues du jeudi 15 mars au dimanche 1er avril 2018. Elle a affirmé sur sa page que les portes des écoles resteront, cependant, ouvertes durant la première semaine des vacances pour permettre aux élèves, souhaitant bénéficier de cours de soutien, de se rattraper et de réviser. Et Elle n’a, nullement, parlé du rattrapage des cours perdus suite à la grève, durant les vacances et les jours de repos. Meziane Mériane, président dy SNAPEST, a estimé dans ce sens, qu’il est tout à fait possible de rattraper les cours perdus, par des mesures adaptées. Il propose aux enseignants d’élaborer des résumés succincts (abordant l’essentiel) des cours perdus et remettre des polycopiés avec détails sur ces cours perdus aux élèves. Pour Meziane Meriane «un mois de grève, au niveau national, peut facilement se rattraper avec la volonté des enseignants et des élèves ». Et bien, évidemment, avec « plus d’implication des enseignants, dans les deux wilayas du pays, Bejaia et Blida, affectées par une grève de trois mois » dit-il. Le rattrapage des cours insiste Mériane « est possible », en rappelant les expériences passées, « nous avons pu rattraper les cours perdus suite à une grève de deux mois dans les lycées, en 2003 » a-t-il rassuré. Le président de l’Union des Associations des parents d’élèves, Ahmed Khaled, a proposé l’installation de « commissions ou de cellules de réflexion pour le rattrapage des cours, notamment dans les wilayas de Bejaïa et Blida. Il a estimé que le rattrapage dans les autres wilayas est facilement réalisable, du fait que le taux de suivi était mitigé d’une wilaya à une autre, ne dépassant pas les 50 %. Il a, également, précisé « que ce n’est pas perdu, puisque nous avons encore du temps, plus de 40 jours, du 9 avril au 19 mai ». Et d’affirmer que le problème peut se poser, uniquement, pour les filières Sciences naturelles et Philosophie dont les programmes sont un peu chargés. Il souligne qu’on dispose tout de même, d’une marge pour rattraper les cours, avec notamment les heures creuses ou celles des séances de sport, musique et dessein.

Les appels réclamant le départ de Benghabrit sont « idéologiques »

Nouria Benghabrit n’a pas échappé, cette fois-ci encore, à une nouvelle tempête suite à cette grève illimitée qui s’est soldée par le licenciement de 400 enseignants. Des voix se sont faites entendre pour demander, encore une fois, son départ, notamment sur les réseaux sociaux. La déclaration du sénateur FLN Abdelouaheb Benzaïm qui a été rendue publique, dans laquelle il a réclamé le départ de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, a été largement commentée et diffusée par la presse. Ce dernier a estimé que Benghabrit a échoué dans sa gestion du conflit qui l’oppose aux enseignants qui sont en grève depuis plusieurs semaines pour leurs revendications socioprofessionnelles légitimes, notamment en radiant les enseignants grévistes. Pour le président du Snapest Meziane Meriane, ces appels sont purement « idéologiques » loin du pragmatisme pédagogique. Selon le syndicaliste ces appels ne servent pas l’intérêt général et l’Ecole algérienne « ce sont des appels intersectés et égoïstes, à la fois ». Pour le président de l’Union des Associations des parents d’élèves, ces appels sont l’œuvre des «arabo-baathistes » et ceux qui font de la politique, en prévision de l’élection présidentielle de 2019. Pourtant, dit-il « cette dame est venue pour sauver l’Ecole algérienne en la mettant à l’abri des calculs politiciens ». Et d’affirmer « ce n’est pas une parachutée dans le secteur, c’est une personne qui connaît bien l’Ecole algérienne et ses problèmes, notamment pédagogiques».