Education : Le CNAPEST reconduit sa grève

Education : Le CNAPEST reconduit sa grève

par Abdelkrim Zerzouri, Le Quotidien d’Oran, 19 octobre 2013

Le Cnapest a, finalement, décidé, à l’issue de la réunion, jeudi dernier, de son conseil national, de maintenir son mot d’ordre de grève d’une journée reconductible.

Les débats entre les 140 membres du conseil national présents à la réunion qui s’est tenue au lycée «Benteftifa», dans la wilaya de Blida, ont été «longs et très chauds», selon le porte-parole du Cnapest, M. Messaoud Boudiba.

Joint, hier, par téléphone, ce dernier indiquera que «la réunion a duré jusqu’à 3h du matin, avec des débats très intenses autour des suites à donner au mouvement de protestation, entamé par les enseignants, le 7 octobre dernier». D’emblée, le porte-parole du Cnapest nous dira que les enseignants ont été touchés dans leur amour-propre et leur dignité par les récentes déclarations du ministre de l’Education nationale, M. Abdelatif Baba Ahmed, qui n’a fait que «jeter de l’huile sur le feu», à travers ses sorties médiatiques, après la rencontre bilatérale du samedi dernier. «Les déclarations publiques du ministre qui a usé d’un langage peu commode à l’égard des acquis obtenus par les enseignants, après de longues années de luttes syndicales, surtout lorsqu’il avance que les revendications des enseignants ont été, largement, satisfaites, par le passé et que la catégorie 16, octroyée par la Fonction publique aux enseignants du secondaire, est attribuée, habituellement, aux médecins et aux doctorants, ont, totalement, hypothéqué les chances d’apaisement du climat entre les deux parties», a souligné M. Boudiba. «Pis, ces déclarations ont envenimé, davantage, les relations entre les deux parties», dira-t-il. En gros plan, les syndicalistes expriment toute leur indignation face à ce qu’ils qualifient d’attaque, en bonne et due forme, du ministre de l’Education nationale dont les propos ont été jugés «sévères et touchant directement à la dignité de l’enseignant», une dignité qu’il s’agit, maintenant, d’asseoir «vaille que vaille», laisse encore entendre notre interlocuteur.

«Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout de notre mouvement de protestation. Nous voulons des engagements bien définis concernant la satisfaction de nos revendications et non pas des discours creux, car toutes les promesses avancées par le ministre existent depuis longtemps et il n’a fixé aucun échéancier pour leur mise en application », a-t-il souligné.

Le recensement des biens des Oeuvre sociales, l’application de la loi relative à la médecine du travail, la réalisation de 4.500 logements pour les enseignants au sud du pays, la retraite après 25 ans de service, au lieu de 32 ans, actuellement, et la révision du classement des enseignants, constituent les principales revendications du Cnapest, a rappelé le porte-parole du Cnapest, non sans préciser que rien de concret n’a été proposé dans le sens du règlement de ces préoccupations majeures des enseignants.

Aussi, M. Boudiba évoquera, dans ce sillage, le cas du membre du conseil national du Cnapest qui a été suspendu de son poste de travail et dont la réintégration figurait parmi les points essentiels abordés, lors de la rencontre bilatérale de samedi dernier. «Le ministre a, dans sa réponse à ce sujet, signalé qu’il ne possède pas la prérogative de la grâce pour réintégrer l’enseignant à son poste», a expliqué M. Boudida, tout en rappelant, sur un ton déçu, qu’il s’agit là d’un volte-face par rapport à la position adoptée par M. Baba Ahmed, lors de la rencontre en question et où il disait qu’il allait convoquer le directeur de l’Education de la wilaya de Bouira et l’enseignant suspendu, afin de trouver une issue satisfaisante au problème.

Les négociations se trouvent, ainsi, dans une véritable impasse, surtout lorsqu’on sait, pertinemment, que la question de la réintégration de l’enseignant en question, dont le cas est assimilé à une grave entrave à l’exercice syndical, est un trait rouge tracé par le Cnapest.

Concernant le tort causé aux élèves, en raison de cette grève, le syndicaliste a, donc, incombé la responsabilité au ministère de l’Education nationale qui, à son avis, «pousse au pourrissement, en continuant d’ignorer les préoccupations légitimes des enseignants». «Le Cnapest n’exerce aucun chantage et n’a nullement l’intention de prendre les élèves en otages, contrairement aux déclarations du ministre. Nous voulons juste la satisfaction de nos revendications et nous sommes prêts à aller jusqu’au bout pour ce faire», a insisté M. Boudiba. Au forum d’El Moudjahid, dimanche dernier, le ministre de l’Education nationale s’était dit, à l’occasion, «disposé à poursuivre le dialogue avec l’ensemble des représentants des syndicats du secteur dont le Cnapest», tout en signalant que certaines des revendications de ce dernier étaient, toutefois, «impossibles à satisfaire comme celles relatives aux primes». Le ministre avait averti, également, qu’en cas de poursuite du mouvement de grève, la tutelle «sera contrainte d’appliquer les procédures légales et d’opérer des retenues sur les salaires des grévistes». Un autre sujet de discorde entre les deux parties antagonistes. «Le ministre menace de procéder aux défalcations des journées de grève des salaires des enseignants, alors que cela obéit aux négociations sur les séances de récupération qu’on doit entamer, à la fin du conflit. Mais cette tentative d’intimidation n’amoindrit, en rien, notre détermination», souligne, à ce propos, le porte-parole du Cnapest.