Le CISA dénonce l’arrestation du syndicaliste Mourad Tchiko

CISA – Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien

COMMUNIQUÉ URGENT

Algérie : le CISA dénonce l’arrestation du syndicaliste Mourad Tchiko

Paris, le 25 février 2011

Le CISA alerte les organisations syndicales et de défense des droits de l’homme dans le monde au sujet de l’arrestation illégale et arbitraire du syndicaliste algérien Mourad Tchiko, membre du bureau national du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP), arrestation survenue le jeudi 24 février à Alger.

Arrêté alors qu’il venait soutenir cinq grévistes de la faim de la section syndicale de l’École nationale supérieure des travaux publics (ENSTP), Mourad Tchiko a été brutalement appréhendé et, poings liés, il a été emmené de force par la police au commissariat de Kouba.

Le CISA demande l’immédiate libération de Mourad Tchiko et s’élève avec force contre les méthodes brutales, les dépassements et le déni de droit dont font preuve les autorités algériennes, afin de tenter de contrer la révolte qui gronde dans la population. Au moment même où le régime annonce la levée l’état d’urgence en vigueur depuis 1992, l’arrestation de Mourad Tchiko est inacceptable et injustifiable : elle montre que la répression, la privation des libertés et les obstacles à l’exercice des droits fondamentaux continuent de prévaloir en Algérie.

À l’heure où, dans tout le monde arabe, les peuples se lèvent contre les despotes, l’Algérie n’est pas un « cas à part ». Son propre despote n’est certes pas aussi visible que Ben Ali, Moubarak ou Kadhafi, mais tous les Algériens le connaissent bien. Il ne s’agit pas du président de la République Abdelaziz Bouteflika, simple marionnette depuis 1999 de la façade « démocratique » du régime, mais du général-major Mohammed « Tewfik » Médiène et du système de pouvoir orwellien dont il est, avec d’autres, l’ordonnateur. Depuis septembre 1990, le général Tewfik est le chef du DRS – la police politique qui dirige dans l’ombre le pays –, exerçant une domination sans équivalent ailleurs, imposée par l’atroce « fleuve de sang » des 200 000 victimes de la « sale guerre » des années 1990.

Mais, face à la captation des richesses du pays par une minorité, les graines de la révolte du peuple soulevée par la « hogra » (mépris) du pouvoir n’ont pu être éradiquées. Et la courageuse mobilisation des syndicats autonomes de la fonction publique, dont Mourad Tchiko est l’un des symboles, impose une solidarité internationale, à laquelle le CISA entend contribuer.

 

Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien
21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris (France)
www.cisa-solidaritesyndicats-algerie.org