Lutte syndicale: Le CNLS appelle à une refondation

Lutte syndicale :

Le CNLS appelle à une refondation

par Kahina Benarab, Le Jeune Indépendant, 11 mars 2007

Cette rencontre intervient ainsi suite aux diverses consultations générales portant sur les libertés fondamentales entreprises entre les représentants des divers syndicats autonomes regroupés sous la casquette du CNLS. C’est ce qu’a déclaré, hier au siège du SNAPAP à Alger, le Dr Besbès, membre actif du CLNS, au cours d’une conférence de presse.

L’objectif de cette rencontre intersyndicale vise, a souligné l’orateur, à refonder la lutte syndicale en Algérie et ce en entraînant une convergence des potentialités syndicales et en créant un pôle syndical autonome au service des travailleurs dans un cadre adéquat et rassembleur.

Cette réorganisation permettra également aux travailleurs de faire la grève sans être poursuivis en justice et de se constituer en tant qu’organisation syndicale en citant, à titre d’exemple, le CLA et le CNAPEST. En s’appuyant ainsi sur la dispersion des luttes sociales internationales favorisée par la loi 90-14.

Cette dernière, a-t-il expliqué, prévoit que les travailleurs d’un même secteur sont autorisés à créer un syndicat et, parmi les forces de ce mouvement syndical, celle de mobilisation et de propositions. Le Dr Besbès a dénoncé à cet égard la signature du pacte économique et social avec les partenaires traditionnels sans l’association des syndicats autonomes, qui, estime-t-il, ont le droit d’exposer leurs préoccupations et de faire des propositions.

Il dénote à ce sujet une certaine «absence de politique salariale adéquate au pouvoir d’achat des citoyens». Dans le même sillage, le représentant du CNLS a soulevé un paradoxe en ce qui concerne le pluralisme en Algérie : «On n’admet pas le pluralisme syndical mais, d’un autre côté, on admet le pluralisme patronal.» Dans un autre registre, le conférencier a indiqué que plusieurs travailleurs ont perdu des sommes faramineuses dans l’affaire Khalifa.

«Cela aurait pu être évité si les syndicats autonomes pouvaient dire leur mot dans le conseil d’administration des caisses sociales», a-t-il indiqué en ajoutant le fait qu’une pareille escroquerie n’aurait pas eu lieu et «l’argent ne serait pas dilapidé aujourd’hui».

Il s’est montré, en outre, rassurant dans le fait qu’aucun des membres «des syndicats autonomes n’est incriminé ou cité ni de loin ni de près dans l’affaire Khalifa». A la fin de la conférence, le Dr Besbès a fait un tour d’horizon sur les entrevues et débats qui ont eu lieu dernièrement avec les syndicats autonomes des pays voisins tels que la Tunisie.

Il a relevé que les syndicalistes tunisiens ont refondé leur mouvement syndical «pour la réforme et la rénovation qui ouvrent des perspectives prometteuses pour le mouvement syndical», ce que veut faire le CNLS en Algérie. K. B.