Quand le département d’Etat exige des informations sur Saïd Bouteflika

Quand le département d’Etat exige des informations sur Saïd Bouteflika

El Watan, 6 septembre 2011

Dans un câble daté du 8 décembre 2009, il est fait mention que le département d’Etat était à la recherche d’informations sur le frère du président Abdelaziz Bouteflika, Saïd.

Ce câble émanant du secrétariat d’Etat et signé Clinton souligne que les analystes de Washington manquent de «rapports sur ses activités et ses soutiens». Le câble qui intervient avant celui émis par l’ambassade des Etats-Unis en France disant que «les Français manquent eux aussi d’informations sur le cas Saïd Bouteflika», fait remarquer que la presse algérienne et internationale mentionnent souvent le frère du Président comme un probable successeur de l’actuel Président. Le câble fait remarquer aussi que la presse algérienne rapporte que Saïd Bouteflika est directement impliqué dans la création d’une nouvelle formation politique, ce qui est perçu comme la preuve de son ambition de succéder à son frère.

«En général le processus de succession en Algérie est opaque, et Abdelaziz Bouteflika n’a pas choisi son candidat préféré», note le câble. Et de noter : «Nous apprécierons toute information disponible sur Saïd.» Ce câble, qui est en fait une note aux chancelleries concernées pour alimenter Washington en informations, exige une série de points à éclaircir sur le personnage de Saïd Bouteflika. Ainsi, il est exigé de savoir en premier lieu si Saïd Bouteflika a une source de pouvoir indépendante ou une opinion politique différente de celle de son frère. Le département d’Etat voulait aussi savoir si le frère du Président occupe des responsabilités spécifiques au niveau de la politique intérieure ou étrangère du pays. Washington exige aussi de connaître qui sont ses alliés et ses ennemis politiques, ainsi que ses contacts dans l’armée, avec la précision des noms des militaires qui lui sont favorables. Autre interrogation exprimée par le département d’Etat est celle de demander : quelles sont les vues de Saïd sur «l’insurrection, sur l’économie, et comment perçoit-il les Etats-Unis d’Amérique et les relations algéro-américaines».

On demande aussi s’il a déjà effectué un voyage aux USA, et quelle est sa réputation auprès des dirigeants algériens. Le département d’Etat se demande aussi s’il a déjà été impliqué dans des actes de corruption politique ou économique.
Et s’interroge sur sa relation avec le parti du Front de libération nationale, et est-ce qu’il envisage de se joindre ou de former un nouveau parti. Pour finir, la requête du département de Clinton sollicite des données sur le parcours scolaire de Saïd Bouteflika, sa situation matrimoniale, son tempérament, ses habitudes, les langues qu’il maîtrise et ses centres d’intérêt, notamment économiques.

N. B.