Rumsfeld «n’est pas le bienvenu en Algérie»

La Coordination de Khaled Bensmaïn contre la visite du ministre américain de la Défense

Rumsfeld «n’est pas le bienvenu en Algérie»

par M.Z., Le Jeune Indépendant, 13 février 2006

La Coordination algérienne contre la normalisation des relations avec l’Etat sioniste, s’est fait hier, l’interprète des Algériens pour dire tout haut au secrétaire d’Etat américain à la Défense, Donald Rumsfeld, qu’il «n’est pas le bienvenu en Algérie».

«Sa présence au Maghreb est une véritable insulte aux peuples de la région, quand on connaît ses positions dans le conflit arabo-sioniste, son engagement inconditionnel aux côtés de l’Etat hébreu, les pressions qu’il exerce sur les Palestiniens ainsi que les efforts déployés pour pousser à la guerre et à la destruction de l’Irak», considère la Coordination dans un document transmis à la presse.

«L’homme est directement impliqué dans le déchaînement de violence que connaît aujourd’hui l’Irak et dans la déstabilisation de la région. Il est derrière les menaces qui pèsent sur la Syrie et l’Iran et promet de mettre la région à feu et à sang», accuse la coordination qui regroupe de nombreuses figures nationales, à l’instar de l’ancien président Ahmed Benbella, l’ancien secrétaire général du FLN, Abdelhamid Mehri, l’actuel, Abdelaziz Belkhadem ainsi que de nombreuses autres personnalités de l’espace national islamique (FLN, MSP, Ennahda, Oulémas, etc.), et qui représente la majorité écrasante dans le pays.

Ainsi, le document lui fait porter personnellement la responsabilité des exactions en Irak. «Sa responsabilité personnelle est engagée dans l’usage d’armes interdites par les conventions internationales ainsi que dans les crimes contre l’humanité qui furent commis en particulier à Falloudja, à Ramadi, à Tikrit et dans la région d’El-Ambar», peut-on y lire.

Et «c’est avec sa bénédiction que des centaines de prisonniers sont torturés en Irak et en Afghanistan», rappelle le texte. Et de poursuivre : «C’est encore lui qui couvrit le sacrilège commis par des militaires américains dans les mosquées de Bagdad qui, après les avoir profanées, piétinèrent les Corans qui s’y trouvaient» poursuit-il.

«Les mêmes actes furent couverts par le même personnage lorsque les gardiens de Guantanamo utilisèrent des feuilles arrachées aux Corans dans les latrines du pénitencier», rappelle-t-il encore. Aussi considère-t-il que les actes de Rumsfeld «relèvent du Tribunal pénal international pour les crimes de guerre dans lesquels il est impliqué» puisque «sa responsabilité dans ce qui se passe au Moyen Orient est avérée».

Dans son document, la coordination s’en prend aussi à l’Amérique de Bush. Sous couvert de la lutte contre le terrorisme, les Etats-Unis «veulent édifier, afin d’assurer la défense de leur pays, une ceinture de sécurité non pas aux frontières des Etats-Unis, mais à celles des pays maghrébins», pense-t-elle.

Cependant, «les Etats du Maghreb ne sauraient être les supplétifs des Etats-Unis ni leurs complices dans la guerre qu’ils mènent contre l’islam et les musulmans», s’insurge-t-elle. «Pas plus qu’ils n’accepteraient de contribuer à assurer la sécurité d’un Etat […] qui veut embraser la région», ajoute-t-elle.

«Les Etats-Unis, sous prétexte de la lutte contre le terrorisme, s’apprêtent à imposer leur hégémonie sur le monde», avertit-elle. «Par la menace, le chantage ou la corruption, ils (les Etats-Unis) tentent d’impliquer la communauté internationale dans leur projet afin de donner une sorte de légalité, qui fait défaut» constate-t-elle, avant de relever que les Etats-Unis «n’hésitent pas à violer la légalité internationale, agressant sous de fallacieux motifs les pays les plus pauvres de la planète comme l’Afghanistan ou les plus faibles comme l’Irak qu’ils occupent».

Mais, «parmi les hommes qui considèrent que les Etats-Unis sont éligibles à la direction du monde et que celui-ci ne peut être que leur propriété, figure le ministre de la Défense américain Donald Rumsfeld, figure de proue de la guerre contre l’Afghanistan et l’Irak», conclut le document, dont l’esprit colle à la pensée des peuples maghrébins, y compris en Libye et en Mauritanie, omis dans la tournée de Rumsfeld.

M. Z.