Washington en quête d’un pays d’accueil pour l’Africom

Suite au refus de l’Algérie :

Washington en quête d’un pays d’accueil pour l’Africom

par Mohamed Khellaf, Le Jeune Indépendant, 12 juin 2007

Les Etats-Unis poursuivent leur prospection en Afrique pour trouver un pays d’accueil à leur Centre de commandement militaire pour l’Afrique (Africom) suite au refus de plusieurs pays, dont l’Algérie, de servir de base à une infrastructure censée chapeauter toutes les opérations de combat américaines dans le continent.

Le centre de commandement devrait être complètement opérationnel à la fin de septembre 2008, a fait savoir avant-hier le Pentagone tandis que le commandant en chef de l’Africom devrait prendre ses fonctions avant la fin de l’année 2007.

La nomination d’un officier général à la tête du centre de commandement interviendra à la fin de l’année budgétaire, qui se termine le 30 septembre aux Etats-Unis. Le sénat devra ensuite entériner la nomination de l’officier général, a précisé la même source.

Le commandant en chef adjoint de l’Africom devrait être au début un responsable du département d’Etat tandis que son effectif comprendra du personnel issu principalement de l’armée, du département d’Etat, des services de renseignement (CIA), de l’agence de la sécurité nationale (NSA) ainsi que d’autres ministères.

L’Africom brassera tous les pays du continent africain à l’exception de l’Egypte, qui dépend du centre de commandement central des Etats-Unis. Toutefois, Washington n’a pas encore trouvé un pays d’accueil pour l’Africom. Suite au refus de pays jugés disposant les infrastructures et les moyens logistiques y compris de communication tels que l’Algérie, des responsables du Pentagone sont contraints depuis avril dernier à se tourner vers d’autres pays susceptibles d’abriter l’Africom.

Un haut responsable du ministère de la Défense américaine (Pentagone), Ryan Henry, a fait savoir que le lieu où sera installé l’Africom fait toujours l’objet de négociations avec des «partenaires» des Etats-Unis dont certains ont fait part de leur volonté de l’accueillir.

«Certains se sont déclarés disposés à recevoir le siège et un ou deux pays ont refusé. Nous ne voulons pas envoyer nos hommes dans des endroits où ils sont indésirables. Nous n’irons pas là où nous ne sommes pas invités», a souligné le responsable américain.

M. Henry n’a pas révélé les noms des pays qui ont accordé une fin de non-recevoir à la demande américaine. L’Algérie avait officiellement refusé d’accueillir ce quartier général lorsque des médias américains, citant des responsables du Pentagone, avait révélé en février dernier qu’elle figurait en première place des pays que les Etats-Unis souhaitaient convaincre pour abriter l’Africom.

Le responsable du Pentagone a fait savoir que l’Administration américaine avait briefé tous les ambassadeurs africains en poste à Washington à propos de ce projet. En parallèle, une délégation du ministère de la Défense avait effectué en avril et mai derniers une tournée dans des pays clés pour défendre le projet américain, notamment le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Ethiopie, le Kenya, le Ghana et le Sénégal.

D’autres visites sont prévues à partir de la semaine prochaine dans d’autres pays pour davantage de négociations, ont indiqué ces responsables. Le responsable du Pentagone a fait remarquer que le siège de l’Africom ne serait pas nécessairement installé dans l’un de ces six pays où il venait de se rendre bien que de nombreuses sources évoquent l’Ethiopie, allié de Washington, comme principal candidat à l’accueil de ce centre de commandement militaire.

Un effectif d’un millier de personnes a été prévu pour faire fonctionner l’Africom dont certains de ses membres seront éventuellement répartis entre plusieurs pays africains. Par ailleurs, M. Henry a fait savoir que, pour l’heure, il était important pour l’Administration américaine de «rassembler le maximum de soutien à ce projet et de dissiper les craintes de certains pays quant aux objectifs de l’Africom».

Beaucoup soutiennent que l’installation d’un tel centre de commandement en Afrique est destinée à renforcer davantage l’influence de Washington sur le continent et de s’assurer de ses richesses, notamment pétrolières, qui attirent les convoitises de plusieurs pays émergents dont la Chine.

M. K.