L’Algérie, un «partenaire clé» des Etats-Unis

Lutte antiterroriste

L’Algérie, un «partenaire clé» des Etats-Unis

Le Quotidien d’Oran, 17 décembre 2006

Les Etats-Unis considèrent l’Algérie comme un de leurs principaux partenaires dans leur guerre contre le terrorisme.

Un statut acquis grâce, ou à cause, devrait-on dire, d’une expérience de plusieurs années de guerre «à huis clos» contre ce fléau, devenu, entre temps, mondial. La coopération entre les deux pays dans le domaine sécuritaire a déjà quelques années à son actif.

Le mois dernier, Peter Rodman, le sous-secrétaire d’Etat américain chargé des Affaires de sécurité internationale était en visite à Alger où il a eu des entretiens avec de hauts responsables algériens pour discuter des moyens à mettre en oeuvre pour améliorer la coopération bilatérale, notamment dans le domaine de la défense. La visite de M. Rodman était la dernière d’une longue série de rencontres entre les responsables des deux pays, consacrées au thème de la défense et de la lutte antiterroriste. Donald Rumsfeld, le secrétaire sortant à la Défense, avait également eu à visiter l’Algérie, en février dernier, pour étudier avec ses homologues les moyens à mettre en oeuvre pour diminuer la force de nuisance des terroristes dans la région, notamment à travers des opérations dans lesquelles allaient participer l’Algérie et les Etats-Unis. En juin dernier, de hauts responsables chargés de la sécurité dans l’administration Bush étaient également venus en Algérie où ils ont eu des entretiens avec le président de la République Abdelaziz Bouteflika.

Mais d’où vient cet intérêt américain pour l’Algérie ?

Les attentats de Casablanca (16 mai 2003) et de Madrid (11 mars 2004) ont amené l’administration Bush à porter un regard différent sur la région de l’Afrique du Nord, avec la conviction que cette zone était devenue un centre de recrutement de premier ordre pour le terrorisme international.

«Les terroristes ne sont pas nés terroristes. Ils choisissent la violence parce qu’ils croient que ce qui leur manque dans leur vie et dans leurs sociétés, ils ne peuvent l’obtenir que par ce moyen», avait affirmé un jour le coordonnateur américain pour le contre-terrorisme au département d’Etat, M. Cofer Black, dans un rapport rendu public par son département.

Dans ce sens, les responsables américains auprès du département de la défense voient d’un bon oeil les efforts consentis par l’Etat algérien pour améliorer les conditions socio-économiques du pays qui, selon eux, contribuent à limiter les capacités des réseaux terroristes à attirer de nouvelles recrues parmi les franges défavorisées de la société.

Le rôle important que joue l’Algérie dans le partenariat avec les pays du Sahel dans la lutte antiterroriste, («Trans-Sahara Counterterrorism Partnership» -TSCTP-), dans lequel elle est membre avec huit autres pays de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, est également apprécié par Washington.

«A la faveur du TSCTP, les Etats-Unis d’Amérique offrent un soutien technique en fournissant formation et équipement au profit des pays engagés dans ce partenariat, afin d’assurer la stabilité et la sécurité de la région, a affirmé le lieutenant- Colonel Todd Vician, porte-parole du Pentagone, cité par ISN Security Watch, dans un article signé par Carmen Gentile.

Le porte-parole du Pentagone a, par ailleurs, indiqué que les USA avaient consacré une aide de l’ordre de 1,6 milliard de dollars (2006-2007) pour la formation du personnel militaire algérien. En 2006, Washington a également, précise la même source, alloué une aide de 100.000 dollars à l’Algérie dans le cadre du programme de lutte antiterroriste et d’amitié (Counterterrorism and fellowship program).

Cette aide peut, certes, paraître minime comparée aux milliards de dollars dépensés par les Etats-Unis dans leur guerre en Irak et en Afghanistan.

Cependant, a souligné Vician, les USA et l’Algérie ont développé une bonne coopération en matière de défense avant de rappeler que les deux pays sont sur la même longueur d’onde quand il s’agit de «combattre le terrorisme, promouvoir la stabilité régionale et lutter contre la prolifération des armes de destruction massive».

Ceci dit, le récent contrat conclu entre l’Algérie et la Russie pour l’acquisition d’avions de combat dont 36 avions de type Mig 29, assorti de contrats gaziers en Algérie au profit d’entreprises russes, avait pour rappel, suscité une certaine inquiétude à Washington. Une inquiétude tout de suite dissipée à la faveur des assurances qu’Alger ne tardera pas à fournir à son allié stratégique.

H. Barti