Lutte contre le terrorisme dans le grand désert

Lutte contre le terrorisme dans le grand désert

Washington met le paquet

par Zouaoui M. , Le Jeune Indépendant, 17 juin 2004

Les Etats-Unis envisagent d’augmenter de façon considérable le budget consacré à la mise en œuvre de l’initiative Pan-Sahel, un plan destiné à la lutte contre le terrorisme dans le grand désert allant du Tchad à la Mauritanie. Initialement fixé à 7 millions de dollars, le budget consacré à cette initiative devrait être porté à 125 millions de dollars sur les cinq prochaines années, rapportait le New York Times qui citait des responsable du Pentagone.

Ce chiffre, un véritable budget de guerre, renseigne sur l’importance accordée par Washington à cette vaste région du continent africain qu’elle considère comme le nouveau sanctuaire des éléments de l’organisation terroriste El-Qaïda.

Lancée fin 2002, cette initiative se concentre sur le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad et pourrait s’étendre à d’autres pays qui sont à l’étude. Les Etats-Unis avaient sollicité l’assistance de l’Algérie depuis que la présence du numéro 2 du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), Amari Saïfi, alias Abderrezak El-Para, a été confirmée à la suite du dénouement de la prise en otage de touristes européens en août dernier.

Entre les mains du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), un mouvement rebelle d’obédience laïque, depuis le 16 mars dernier, El-Para est considéré par les Etats-Unis comme le plus dangereux terroriste en Afrique du Nord et l’un des relais d’El-Qaïda dans la région désertique au sud de l’Algérie.

Sa présence dans cette région aurait accéléré la mise en œuvre de Pan-Sahel. Des forces spéciales américaines avaient entamé, en janvier dernier, l’entraînement et la formation de militaires de pays africains du Sahel aux opérations antiterroristes pour empêcher El-Qaïda d’y implanter ses réseaux.

Les contingents maliens avaient été les premiers à bénéficier de cette formation et devraient être suivis, actuellement, par les militaires tchadiens. Il s’agit pour les responsables américains d’une stratégie qui consiste à établir avec les pays concernés une coordination de leurs actions militaires dans les zones pouvant servir de lieux d’implantation ou de passage des groupes terroristes affiliés à El-Qaïda.

L’objectif est de sécuriser, à terme, toute la partie allant de Djibouti au Burkina Fasso, que les Américains qualifient de nouveau point de chute des éléments de cette organisation chassés notamment de l’Afghanistan et du Yémen.

Cela d’autant plus que les experts américains de la lutte contre le terrorisme soutiennent, sans convaincre, que cette région pourraient servir aux groupes terroristes de rampe de lancement pour des attaques contre les intérêts occidentaux en Afrique du Nord et en Europe.

D’où leur intérêt à mobiliser autant de ressources financières et de moyens dans cette région désormais baptisée par eux «le nouvel Afghanistan». Z. M.