Obama-Bouteflika : only antiterrorisme

Le sécuritaire, seul axe fort Algérien avec les USA

Obama-Bouteflika : only antiterrorisme

Par : Mounir B., Liberté, 6 juillet 2013

Comme tous les ans, le président américain, Barack Obama, glisse son message de vœux au président Bouteflika à l’occasion du 5 Juillet. Et comme tous les ans, le seul satisfecit US concerne… la lutte antiterroriste algérienne. À croire que le bilan algérien ne se résume qu’à ce dossier.

La Maison-Blanche semble tenir une ligne inamovible sur cette question qui, au fil des années, est devenue l’axe le plus solide de la coopération algéro-américaine. Certes, depuis le 11 septembre 2001, les États-Unis ont découvert que l’expertise algérienne dépasse largement le cadre régional et que les services de contre-intelligence algériens étaient dotés d’une connaissance épaisse des réseaux du terrorisme international, mais Washington semble vouloir creuser cet axe et peine à trouver d’autres formules d’encouragements quand il s’agit de l’évolution politique ou économique de l’Algérie.
“Je tiens à saluer le rôle que joue l’Algérie dans la lutte mondiale contre le terrorisme. Nous ne sommes que trop conscients des dangers de l’extrémisme à la fois dans votre pays et dans la région, et le peuple américain est à vos côtés alors que vous faites face de front à cette menace”, écrit Obama à l’adresse de son homologue algérien. Le chef de l’administration américaine innove dans le sens où, pour cette année, les États-Unis ont réalisé l’ampleur de la tâche de l’armée et des services algériens à la lumière de l’affaire de Tiguentourine.
Il faut rappeler qu’Obama avait, en mai dernier, fait référence aux nouvelles craintes terroristes, indiquant que “nous serons confrontés à des menaces plus localisées comme celles que nous avons vues à Benghazi et à l’installation pétrolière de BP en Algérie ; des menaces à travers lesquelles des attaques sont lancées périodiquement contre des diplomates occidentaux, les entreprises et d’autres cibles”, intégrant de ce fait dans le corpus sécuritaire américain la nécessité de renforcer les liens de coopération avec l’ANP.
Faisant écho aux analyses des milieux militaires occidentaux, notamment US, qui voyaient dans l’intervention de l’armée algérienne sur le site de Tiguentourine une réponse appropriée aux nouvelles stratégies terroristes. Beslan, Benghazi, Bombay, et maintenant In Amenas deviennent des cas d’école. Mais si tout semble aller pour le mieux sur le front antiterroriste, notamment avec des liens de plus en plus tangibles avec le Pentagone, l’Africom/Eucom et l’Otan, Washington a du mal à trouver d’autres satistecits dans la conduite des affaires algériennes.
Jamais les réformes de Bouteflika n’ont été saluées de manière claire, Washington préférant le “Wait and see” car pas trop convaincu par le juridisme et le “Good Will” de ces réformes. Aucun signal positif n’a été émis, non plus, sur les avancées économiques — quasiment inexistantes — en quinze ans, puisque les Américains ne semblent avoir aucune lisibilité de la direction économique que prend l’Algérie.
À leur décharge, ils ne sont pas les seuls et Alger ne sera jamais Singapour. Pire, Washington ne salue que des bouts des lèvres les avancées en termes de droits de l’Homme et des libertés publiques, parfois se permettant des attaques au vitriol dans les rapports annuels sur la situation des droits de l’Homme du département d’État américain, alors que, paradoxalement, les forces de sécurité algériennes comptent parmi celles qui ont fait le plus d’avancées en la matière dans le domaine dans l’ensemble des pays arabes.
“L’Algérie est un véritable allié dans la lutte contre le terrorisme et possède un énorme potentiel. Les États-Unis d’Amérique considèrent l’Algérie comme un partenaire-clé aujourd’hui et demain.” Cette phrase date de dix ans et a été écrite par George W. Bush dans un message similaire adressé à Bouteflika. En dix ans, peu de choses semblent avoir changé dans la perception américaine qui détermine leurs relations avec l’Algérie sous le prisme sécuritaire. Faut-il s’en plaindre ? Bien sûr que non, mais il serait malvenu de considérer que ce seul aspect suffise à cimenter une relation stratégique, si le reste ne suit pas.