« Les Etats-Unis ont bien fourni un matériel satellitaire à l’Algérie»

Cofer Black, coordinateur américain du bureau de la lutte contre le terrorisme

« Les Etats-Unis ont bien fourni un matériel satellitaire à l’Algérie»

Par Nissa Hammadi, La Tribune, 16 octobre 2004

Grâce au programme Pan-Sahel, l’Algérie, le Tchad, le Mali, le Niger et la Mauritanie ont pu, ces derniers neuf mois, affaiblir considérablement les capacités de nuisance du GSPC et améliorer le contrôle au niveau de leurs frontières. C’est ce qu’a déclaré Cofer Black, coordinateur du bureau du contre-terrorisme au département d’Etat américain, au cours d’une brève conférence de presse organisée jeudi dernier à l’ambassade des Etats-Unis. Le Pan-Sahel est une enveloppe budgétaire d’une valeur de 7,75 millions de dollars, auxquels s’ajoutent 100 millions de dollars fournis par l’administration Bush aux Etats clés de la Corne de l’Afrique, en appui à leur lutte contre le terrorisme. Cofer Black a indiqué que des requêtes plus importantes de financement de lutte antiterroriste ont été formulées par certains pays africains, y compris l’Algérie, sur lesquelles se penche actuellement la structure qu’il dirige. A la question de savoir si l’Algérie a bénéficié de la part des Etats–Unis, dans le cadre du Pan-Sahel, d’une assistance logistique et d’un approvisionnement en matériaux satellitaires permettant une meilleure localisation des groupes armés, le coordinateur du bureau du contre-terrorisme répond qu’«il s’agissait bien de cela. Le matériel de communication améliore la sécurité, permet de patrouiller le long des frontières et de réagir à toute menace». Pour lui, le GSPC est un danger constant : «Tant qu’il existe un seul activiste du GSPC, il faut absolument l’arrêter. J’estime que la négociation et la discussion sont le seul moyen d’arriver à une situation acceptable.» Cofer Black soutient que son pays «continuera d’offrir son soutien aux efforts de l’Algérie et l’Union africaine dans la guerre contre le terrorisme. L’Algérie est un important partenaire dans cette guerre, et je voudrais exprimer l’appréciation du gouvernement américain pour la coopération continue de ce pays, qui est d’une valeur inestimable». Tout en se disant disposé à aider l’Algérie «de nombreuses façons», Cofer Black promet de peser de tout son poids pour obtenir de son gouvernement des fonds en faveur du Centre africain d’analyse et de recherche dans la prévention et la lutte contre le terrorisme. «J’ai la plus haute considération pour l’expertise et les capacités des autorités algériennes dans leur combat contre le terrorisme. Je félicite votre pays d’héberger cette importante et nouvelle installation qui améliorera la capacité de l’Afrique à combattre la menace du terrorisme. Votre pays reste toujours au premier plan dans la lutte internationale contre ce fléau. Par l’échange d’informations et de connaissances sur le terrorisme, l’Algérie et ses partenaires à travers l’Afrique renforceront davantage leur position pour combattre le terrorisme», déclare Cofer Black. Le conférencier précise que les Etats-Unis ont établi en Afrique une coopération bilatérale et régionale satisfaisante. A propos de l’absence d’un consensus international sur la définition du terrorisme, le coordinateur du bureau de contre–terrorisme américain considère que son pays a une définition qui reflète la réalité : «Nous pensons que le terrorisme est un acte prémédité contre des personnes innocentes et qui a pour objectif l’intimidation.» Cofer Black se félicite, dans ce sens, de la dernière résolution du Conseil de sécurité qui, à la lumière de l’attentat de Beslam, stipule qu’il «n’existe pas de justification politique ou autre à un acte terroriste». Enfin, concernant le conflit algéro-marocain et son éventuelle répercussion sur la lutte contre le terrorisme dans la région, Cofer Black réplique que les Etats-Unis ont d’excellents rapports avec les deux pays : «Leurs expertises dans le domaine sont toutes les deux bonnes. On parle de trouble, de dissensions qui peuvent entraver le combat contre le terrorisme. Ce n’est pas mon impression. Aux journalistes américains qui posent la question, je réponds toujours que les relations américano-françaises n’ont jamais déteint sur le travail des professionnels des deux pays dans le domaine de la lutte antiterroriste.»

N. H.