Les Etats-Unis qualifient l’Algérie de leader

Les Etats-Unis qualifient l’Algérie de leader

Le coordinateur antiterroriste américain attendu à Alger

Le Quotidien d’Oran, 2 mai 2004

Le coordinateur américain du contre-terrorisme auprès du département d’Etat US, M.J. Cofer Black, compte «se rendre très prochainement à Alger» afin de développer des entretiens avec ses homologues algériens dans le cadre de la lutte antiterroriste.

Ce spécialiste, expérimenté en matière du terrorisme au sein de la CIA, a beaucoup apprécié les actions de lutte antiterroriste engagée par l’Algérie. Pour Black, «l’Algérie joue un rôle-clé dans la lutte globale contre le terrorisme», a-t-il souligné à l’APS, en marge du briefing ayant trait à la présentation du rapport global sur la situation sécuritaire du terrorisme à travers le monde en 2003.

La partie consacrée à l’Algérie dans ce rapport témoigne, en tous les cas, de cette donne. Les rédacteurs de ce document, publié récemment par le département américain, ont qualifié l’Algérie de «leader régional actif et agressif dans la lutte globale contre le terrorisme». Le rapport a fait référence, dans le même contexte, à la libération de 17 et des 23 otages européens kidnappés au sud de l’Algérie. «Les forces de sécurité algériennes ont assuré la libération de 17 des 32 otages européens kidnappés en février 2003 par le GSPC, lequel serait probablement sous le leadership de Nabil Sahraoui (alias Abou Ibrahim Mustapha)», lit-on dans le rapport.

Sachant, comme l’indiquent les rédacteurs du document, que cette organisation terroriste avait publié, le 11 septembre 2003, un communiqué «déclarant son allégeance à plusieurs leaders et causes djihadistes, dont Al-Qaïda et Oussama Ben Laden».

Cette opération, qui a été menée à bien par les forces de sécurité algériennes, a démontré une fois de plus la contribution de l’Algérie dans les efforts engagés par les Etats-Unis dans la lutte antiterroriste, faisant ainsi preuve «d’appui très fort aux actions de la coalition contre Al-Qaïda», comme le souligne le département d’Etat américain. Cette conclusion rejoint également les propos tenus par M.Black ou par «l’homme de l’heure», comme le surnomment les spécialistes. Les Algériens, a-t-il souligné, «sont très efficaces dans la lutte contre le terrorisme et sont de grands partenaires des Etats-Unis».

Le document indique en outre que «l’Algérie a réalisé de grands pas pour l’élimination du terrorisme dans une grande partie du pays». Tout en se référant aux déclarations faites par les officiels algériens, le rapport a fait ressortir une diminution du nombre des terroristes actifs en Algérie. Un écart considérable: le nombre des terroristes est passé de 25.000 en 1992 à quelques centaines actuellement, et ce grâce aux opérations réalisées avec succès par les forces de sécurité algériennes. Les rédacteurs du document ont souligné également que «les forces de sécurité algériennes continuent à poursuivre les terroristes du GSPC, à contrecarrer leurs activités et à capturer et tuer plusieurs de ses membres».

Toujours et dans le même contexte, le département de Colin Powell, qui s’est rendu en février dernier à Alger, reconnaît la bonne volonté des autorités algériennes pour combattre le terrorisme. Le document souligne que «le gouvernement algérien a concentré une grande partie de ses efforts antiterroristes à un niveau international pour aboutir à un consensus pour une convention mondiale contre le terrorisme».

Mais dans le même ordre d’idée, les rédacteurs du rapport ont également souligné que l’Algérie a toujours «pris le soin de faire la distinction entre l’acte terroriste et l’acte de libération nationale». Une altitude très marquée chez nos officiels, notamment quand il s’agit de la question palestinienne ou de l’Irak. Soulignons en outre qu’en matière d’accords internationaux, «l’Algérie a ratifié onze des douze conventions internationales et protocoles relatifs au terrorisme», souligne le document, en ajoutant que «l’Algérie introduit progressivement dans sa législation nationale les dispositions prévues par ces accords».

Par ailleurs, le rapport du département de Colin Powell a fait rappeler également que «l’Algérie a été l’hôte d’un sommet de l’Union africaine tenu en septembre 2002 pour la mise en application de la convention adoptée par l’ex-OUA en 1999, relative à la prévention et à la lutte antiterroriste». Et ce n’est pas pour rien d’ailleurs que Alger soit désignée par l’Union africaine pour abriter le siège du Centre antiterroriste de l’UA. En effet, l’ouverture de ce centre est prévue théoriquement dans cinq mois. Le centre d’Alger est censé collecter les informations en provenance de tous les Etats membres de l’UA et organisera l’échange de ces informations entre eux. Il aura pour mission d’enregistrer tous les actes de terroristes présumés et avertira les pays du continent sur d’éventuels actes de terrorisme en préparation. A cela s’ajoute la participation de l’Algérie au séminaire relatif à l’initiative Pan-Sahel, organisé en octobre dernier à Bamako (Mali).

Pour ce qui est du crime financier, l’Algérie a été classée, selon le rapport, parmi les premiers pays à criminaliser le financement du terrorisme. L’adoption de la loi relative à la levée du secret bancaire dans la loi de finances 2003, en vertu de laquelle les banques doivent informer de toutes les transactions suspectes la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), en est la preuve.

En somme, le rapport indique que 190 actes de terrorisme tuant 307 personnes ont été enregistrées en 2003 dans le monde, contre 198 attaques terroristes tuant 725 individus en 2002. La grande majorité de ces actes ont été commis en Asie, avec 70 opérations terroristes tuant 159 personnes, et au Moyen-Orient, avec 37 attaques dans lesquelles 142 personnes ont trouvé la mort.

M. Aziza