L’invitation de Bouteflika à Rice

L’invitation de Bouteflika à Rice

par Djamel B. , Le Quotidien d’Oran, 25 mars 2007

Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, M. Mohamed Bedjaoui, a annoncé avoir, au nom du président de la République, invité la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice à effectuer une visite en Algérie en vue de «poursuivre les échanges fructueux qu’entretiennent Alger et Washington».

Le chef de la diplomatie algérienne a affirmé que cette invitation a été acceptée. M. Mohamed Bedjaoui qui a effectué jeudi et vendredi, à Washington, une visite de travail et de contacts, s’est entretenu vendredi, au siège du Département d’Etat, avec la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice.

Les discussions ont tourné autour des nombreuses questions bilatérales et internationales qui intéressent les deux pays. M. Bedjaoui a d’ailleurs qualifié ces entretiens, qui ont porté sur l’ensemble des sujets de préoccupations communes, de très intéressants, constructifs et francs. Dans une déclaration à l’APS, le ministre algérien a indiqué que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’approfondissement du dialogue et de l’élargissement de la concertation entre les deux pays. Elle reflète, selon le responsable algérien, l’intérêt partagé des deux pays d’accroître les convergences de vues afin de renforcer les relations bilatérales et de leur donner de nouvelles perspectives. «Nos discussions traduisent également la volonté du Président Abdelaziz Bouteflika et du Président George W. Bush d’impulser les relations algéro-américaines en vue de l’établissement d’un partenariat solide et durable», a ajouté le ministre, qualifiant d’excellentes les relations entre les deux pays et faisant remarquer que la coopération multiforme a enregistré une évolution appréciable ces dernières années.

Outre les aspects liés aux relations algéro-américaines, le chef de la diplomatie algérienne a également indiqué avoir évoqué avec Mme Rice plusieurs questions internationales dont le dossier du Sahara Occidental, la situation en Irak et dans les territoires palestiniens ainsi que le prochain sommet de la Ligue des Etats arabes prévu les 28 et 29 mars à Ryadh, en Arabie Saoudite. Sur le dossier du Sahara Occidental, le ministre algérien a affirmé avoir réitéré les positions algériennes concernant le règlement du problème par la mise en oeuvre des résolutions des Nations unies soutenant le principe d’autodétermination. M. Bedjaoui a précisé à ce titre que les explications qu’il a fournies à la secrétaire d’Etat américaine ont été marquées par une réceptivité de sa part qui, assurera-t-il, «m’a laissé de bons espoirs».

D’autre part et à une question sur le prochain sommet de la Ligue des Etats arabes prévu les 28 et 29 mars à Ryadh, M. Bedjaoui dit avoir évoqué cet important rendez-vous avec son homologue américaine, affirmant que cette rencontre est extrêmement importante, à la fois par le lieu et le moment de sa tenue. «Elle se tient dans un climat politique très particulier, avec toutes les initiatives et aussi la montée des tensions auxquelles l’on assiste dans la région. A cela nous en sommes tous sensibles», a indiqué le ministre. Ce dernier a, en outre, assuré que les représentants des 22 pays arabes qui auront traité de questions d’ordre politique, économique, social, etc., mettront à profit cette importante rencontre pour examiner l’Initiative de paix arabe, «une initiative de paix à laquelle les pays occidentaux et la communauté internationale accordent de plus en plus d’intérêt. Je crois que tout cela est de bon augure pour la région du Proche et Moyen-Orient», a-t-il soutenu.

Le chef de la diplomatie algérienne, qui avait déjà rencontré en avril 2006, à Washington, Condoleezza Rice, estime que des contacts périodiques entre les hauts responsables algériens et américains permettent d’apprécier les efforts consentis par les deux pays pour approfondir le dialogue politique, élargir la concertation et ouvrir de nouveaux horizons stratégiques de coopération et de partenariat. M. Bedjaoui a, dans ce contexte, réaffirmé que l’Algérie et les Etats-Unis mettent en discussion tous les problèmes et toutes les questions d’intérêt commun, parce que les deux gouvernements sont convaincus que «la franchise est payante», d’autant que les relations économiques ne cessent de s’accroître avec un volume d’échanges pour l’année 2006 se situant autour de 15 milliards de dollars, faisant des Etats-Unis le premier client de l’Algérie. Le ministre algérien a indiqué dans cet ordre d’idées que pour les officiels américains, «l’Algérie est un partenaire de longue date pour les Etats-Unis. C’est un partenaire important sur lequel nous comptons beaucoup», soulignent-ils.

Le chef de la diplomatie algérienne, rappelle-t-on, se trouvait les 19 et 20 mars à New York où il a rencontré de hauts responsables des Nations unies, dont le secrétaire général, Ban Ki-moon, le président en exercice du Conseil de sécurité, l’ambassadeur sud-africain, Dumisani Kumalo, et les représentants des pays membres du Conseil, auprès de qui il a plaidé le dossier sahraoui, à la veille de la présentation, le 20 avril prochain, du dernier rapport du secrétaire général sur la question.