Washington appelle à d’autres mesures

Qualifiant la levée de l’état d’urgence «d’engagement positif»

Washington appelle à d’autres mesures

El Watan, 26 février 2011

Alternant soutien et critiques à l’égard des autorités algériennes, Barack Obama a rappelé que son pays reste très attentif à la situation des libertés politiques en Algérie.

Prévue pour deux jours, la visite à Alger du sous-secrétaire d’Etat aux Affaires politiques, William J. Burns, a été finalement écourtée ; elle n’a duré que quelques heures.
La conférence de presse qu’il devait donner hier matin pour rendre compte des entretiens qu’il a eus avoir avec le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, a été également annulée. Selon nos informations, le haut responsable américain s’est rendu dans une capitale européenne où il devait «assister à une réunion d’urgence sur la Libye».

Au sortir du tête-à-tête qu’il a eu avec le président Bouteflika, l’envoyé spécial US a déclaré que «la région toute entière (monde arabe) connaît de profonds changements» et que «les peuples sont en quête de liberté, de dignité et d’opportunités».
En tournée dans la région du monde arabe en proie à des soulèvements populaires contre les régimes politiques, M. Burns a indiqué que «la consécration de ces aspirations prendra des formes différentes selon les sociétés», tout en insistant sur «la réponse à ces aspirations soit la plus ouverte, la plus sérieuse, la plus claire et le plus tôt possible».
S’exprimant sur la levée de l’état d’urgence, effective depuis jeudi passé, M. Burns l’a qualifiée d’un engagement «positif et très clair».

Plus d’opportunités d’emploi

Tout comme «les engagements qui ont été pris pour donner plus d’opportunités en ce qui concerne l’emploi, le logement et l’éducation».
Et de rappeler que ces mesures doivent être «concrétisées très rapidement». Par ailleurs, la Maison-Blanche a réagi également aux frémissements politiques qui agitent l’Algérie. «Je félicite le gouvernement de l’Algérie pour avoir pris une mesure importante aujourd’hui avec la levée, officiellement, de l’état d’urgence instauré en Algérie depuis 19 ans», a déclaré le président Obama.

«C’est un signe positif que le gouvernement algérien soit à l’écoute des préoccupations et réponde aux aspirations de son peuple, et nous sommes impatients que des mesures supplémentaires soient prises par le gouvernement pour permettre au peuple algérien d’exercer pleinement ses droits universels, y compris la liberté d’expression, d’association et de réunion», peut-on lire sur le site officiel de la Maison-Blanche. Alternant soutien et critiques à l’égard des autorités algériennes, Barack Obama a rappelé que son pays reste très regardant sur la situation des libertés politiques en Algérie. «Nous allons également continuer à discuter pour les libertés universelles, la justice et la dignité de chaque être humain», a conclu le président des Etats-Unis.

Hacen Ouali