Lutte contre le terrorisme au Maghreb et au Sahel

Lutte contre le terrorisme au Maghreb et au Sahel

Les Etats-Unis s’impliquent davantage

Le Quotidien d’Oran, 21 février 2006

Des experts militaires et civils africains et des représentants de plusieurs pays occidentaux ont entamé, hier à Alger, un séminaire consacré aux moyens de lutter, au Maghreb et au Sahel, contre le terrorisme qui inquiète de plus en plus les pays de la région. Cette rencontre de quatre jours, qui se déroule à huis clos, est organisée par le Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (CAERT) et le Centre d’études stratégiques sur l’Afrique (CESA) du ministère américain de la Défense. «Il est notoire que les régions du Maghreb et transsaharienne sont devenues, depuis des années, une aire de prédilection pour certains groupes terroristes», a affirmé le ministre délégué des Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel, dans le discours d’ouverture. Algérie, Libye, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Tchad et Tunisie participent à cette rencontre ainsi que des représentants des Etats-Unis et de plusieurs pays européens. Soulignant que «les activités de ces groupes terroristes induisent nombre de conséquences dommageables pour les pays de la région», M. Messahel a souligné qu’une «riposte à la mesure des défis rencontrés s’impose». Selon lui, cette rencontre, qui favorisera «très certainement un partenariat, au demeurant souhaité», entre l’Afrique et les Etats-Unis, «débouchera sur des mesures concrètes et adaptées à l’espace transsaharien, susceptibles d’enrayer les agissements terroristes» dans cette région.

La situation est «préoccupante» dans la région sahélo-saharienne, car pouvant servir de «refuge» à des groupes terroristes, a déclaré le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), M. Saïd Djinnit, dans un entretien à l’APS. «Après les coups de boutoir qu’ils ont subis, notamment en Algérie, les groupes terroristes seraient évidemment tentés de se réfugier dans des contrées plus propices à leur activité», a dit M. Djinnit, en marge de ce séminaire. De son côté, l’ambassadeur américain à Alger, Richard W. Erdman, a, au nom du gouvernement américain, «salué le travail de l’UA et du CAERT», se disant «ravi» que le CESA et le CAERT collaborent dans la lutte contre le terrorisme. Le directeur du CESA, le général américain à la retraite, Carlton W. Fulford, a estimé que ce séminaire, qui intervient une semaine après une tournée au Maghreb du secrétaire d’Etat américain à la Défense, Donald Rumsfeld, «sera l’occasion de discuter de questions fondamentales pour la stabilité, la prospérité et la croissance en Afrique». M. Rumsfeld avait souligné la volonté des Etats-Unis de renforcer les relations militaires avec les trois pays du Maghreb central, salués comme des «partenaires constructifs» dans la guerre contre le terrorisme. «Nous cherchons à renforcer notre relation militaire et notre coopération en matière de contre-terrorisme», avait déclaré M. Rumsfeld à Alger après un entretien avec le président Abdelaziz Bouteflika.

En juin 2005, l’armée américaine avait mené trois semaines d’exercices de lutte antiterroriste dans quatre pays sahéliens et en Algérie dans le cadre de l’opération «Flintlock 2005», destinée à empêcher que les zones désertiques de cette région deviennent des repaires terroristes. Ces exercices, planifiés depuis plusieurs mois, avaient débuté quelques jours après l’attaque, le 3 juin, d’une base militaire dans le nord-est de la Mauritanie au cours de laquelle cinq assaillants et quinze soldats ont été tués. Cette attaque avait été revendiquée par le GSPC, dont l’ancien numéro 2, Abderrezak «le para», avait été arrêté au Tchad et extradé en Algérie en octobre 2004.

Le congrès américain a approuvé un budget de 100 millions de dollars sur cinq ans, à partir de 2007, pour un programme d’exercices militaires avec l’Afrique, intitulé initiative antiterroriste Trans-Sahara.

Hamid Guemache