Les Américains arrivent

DESSALEMENT D’EAU, CONSTRUCTION D’UN HOPITAL, D’UNE UNIVERSITE, D’UNE ECOLE…

Les Américains arrivent

Le Quotidien d’Oran, 6 juin 2005

Les investisseurs américains semblent suivre avec attention le rythme des réformes entreprises en Algérie, si l’on en croit le président du Conseil d’affaires algéro-américain, M.Ismael Chikhoune, qui a animé hier au pavillon US de la foire d’Alger une conférence de presse. Notamment les réformes qui concernent le système bancaire dans ses aspects se rapportant à la privatisation des banques publiques et les promesses de prise en charge du foncier industriel. Le règlement de ces deux dossiers est de nature, selon le conférencier, à encourager l’engagement des investisseurs américains dans le marché algérien.

Chikhoune fonde son optimisme sur les déclarations récentes du ministre des Participations et de la Promotion des investissements, M. Hamid Temmar, selon lesquelles l’Algérie est déterminée à réformer son système bancaire et financier. «Nous réaffirmons l’engagement de l’Algérie à poursuivre la réforme bancaire et financière, à ouvrir donc le capital des banques publiques et à faciliter la création de nouvelles banques privées». C’est en ces termes que se serait exprimé samedi Temmar devant un parterre d’hommes d’affaires américains.

Les opérateurs américains pourraient être intéressés, outre les hydrocarbures, par le secteur médico-pharmaceutique et celui des ressources en eau qui auraient déjà attiré des investissement américains. Pour illustrer ce propos, la directrice des opérations au Conseil, Mme Elisabeth Lord Stuart, a indiqué qu’une firme médicale américaine projette de construire un grand hôpital en Algérie et que le projet était en cours de discussion. Les Américains veulent aussi construire en Algérie une école, une université US et s’impliquer dans les travaux publics ainsi que dans le secteur de l’agriculture.

Sept compagnies américaines opérant dans le domaine du dessalement de l’eau de mer ont, d’autre part, exprimé leur intention de participer à la vingtaine de projets de réalisation de stations de dessalement prévues à travers le territoire national. A ce titre, le financement de la réalisation de la station du Hamma (Alger), à concurrence de 200 millions de dollars, a déjà été approuvé par l’agence américaine Overseas Private Investment Corporation (OPIC), a-t-il rappelé. Alors que dans le domaine de la production pharmaceutique, la firme américaine Pfizer s’est implantée en Algérie au lendemain de l’indépendance.

S’agissant de la conclusion finale de l’accord Open Sky, consistant en l’ouverture des aéroports des deux pays pour des vols directs, le président du Conseil d’affaires a affirmé que les négociations étaient «au stade final» et que le premier vol direct Alger-New York devrait avoir lieu avant la fin de l’année en cours. A une question liée au processus de privatisation de quelque 1.200 entreprises publiques en Algérie , l’intervenant a répondu que les opérateurs américains n’étaient pas disposés, pour l’instant, à acheter des entreprises selon les conditions actuelles, telle que la prise en charge de la dette de l’entreprise par l’acquéreur.

Le Conseil d’affaires algéro-américain a vu le jour il y a près de trois ans. Il regroupe actuellement quelque 50 entreprises publiques et privées des deux pays.

Il a pour ambition de diversifier les échanges commerciaux et d’intensifier la coopération économique entre les opérateurs algériens et américains. Il compte à son actif l’organisation de plusieurs rencontres et conférences, dont celle tenue en février dernier à New York en présence de M. Temmar ainsi que des responsables des banques algériennes ouvertes à la privatisation (CPA et BNA) et qui portait sur la réforme bancaire en Algérie. Les échanges commerciaux algéro-américains ont atteint 5,8 milliards de dollars fin 2004, en hausse de 60% par rapport à l’année précédente, selon des chiffres avancés récemment par l’ambassadeur des Etats-Unis à Alger, qui a alors déclaré que son pays est le premier partenaire économique de l’Algérie.

Omar Sadki