L’Algérie fait partie du projet du Grand Moyen-Orient

L’ambassadeur américain au quotidien Echourouk El Yaoumi

L’Algérie fait partie du projet du Grand Moyen-Orient

Saïd Rabïa, Liberté, 14 septembre 2006

Son Excellence Robert Ford affirme que la coopération entre l’Algérie et les États-Unis est forte et est appelée à s’améliorer dans les années à venir.

L’ambassadeur américain à Alger, Robert Ford a, dans un entretien publié par le journal arabophone Echourouk El Yaoumi, dans son édition d’hier, fait le tour des rapports entre Alger et Washington. Très indirect dans ses réponses, langage diplomatique oblige, Son Excellence livre sa feuille de route et évoque les préoccupations communes des deux capitales. D’emblée le diplomate américain fait état du développement de la coopération sécuritaire, notamment depuis les évènements du 11 septembre 2001. Robert Ford, qui mettra en exergue le volume des échanges de visites entre les responsables militaires des deux pays, ne manquera pas de souligner que « la coopération dans ce domaine est forte ». Mais à une question sur les critiques dirigées il y a quelque temps envers l’administration américaine qui lutte contre le terrorisme et refuse d’aider l’Algérie à se pourvoir en armes, le diplomate rétorquera : « C’est au gouvernement algérien d’en faire la demande et de manière officielle. » Selon lui, « rien ne s’est fait dans ce sens jusqu’à ce jour ». Si l’Algérie en avait formulé la demande, « on aurait étudié le dossier », ajoutera Robert Ford qui répondra à une autre interrogation sur l’activité militaire américaine dans le Sahara algérien et les pays du Sahel. Sur ce sujet, le diplomate qui ne sera pas prolixe, se contentera, seulement, de confirmer l’existence « d’une initiative qui englobe neuf pays de la région, parmi eux l’Algérie, le Sénégal et le Niger… ». « Nous avons fait des manœuvres communes, fourni des équipements et organisé des rencontres entre les partenaires », indiquera le responsable américain tout en soulignant « la disponibilité de l’administration Bush à coopérer à travers ce cadre avec tous les pays y compris l’Algérie ». Concernant la problématique des Algériens détenus à Guantanamo, Robert Ford affirme n’avoir « aucune nouvelle sur le sujet ». Ce qui est sûr, soutiendra-t-il, il y a un grand débat aux États-Unis sur la question qui est actuellement posée au sein du Congrès. En effet, le problème qui se présente, selon lui, est lié « à la manière de trouver un équilibre entre la lutte contre le terrorisme d’un côté, le respect des droits de l’Homme, de l’autre ». À propos du débat sur le projet du Grand Moyen-Orient (GMO), le diplomate américain affirme que l’Algérie fait partie du monde arabe et du projet sus-cité. Son Excellence explique : « Il y a un programme d’aide technique à quelques journaux, aux institutions financières, les banques et les sociétés d’assurance. Il existe également un programme et des projets de coopération avec les partis politiques en coordination avec l’Institut démocratique américain ». À une question sur la position américaine quant à la situation au Sahara occidental, le diplomate, qui souligne que « cette situation ne plaide pas pour le renforcement des relations entre les pays de la région et la construction maghrébine », s’interroge sur la solution à trouver pour lever cet obstacle et avancer vers une issue au conflit. « Un débat est prévu aux Nations unies, pour le mois prochain, mais nous croyons que pour qu’il y ait une avancée sur la question, il faut une négociation directe entre toutes les parties concernées », déclarera le diplomate américain avant de préciser que « le gouvernement marocain a eu déjà à proposer l’alternative de l’autonomie mais nous l’avons encouragé à faire des propositions qui garantiraient le plus de prérogatives possibles aux responsables sahraouis ».

Synthèse S. R.