75 Algériens ont la nationalité bosniaque

ETABLIS ENTRE 1992 ET 2006

75 Algériens ont la nationalité bosniaque

Le Quotidien d’Oran, 8 juin 2006

Sur les 700 ressortissants afro-asiatiques qui ont obtenu la nationalité bosniaque entre 1992 et 2006, plus de 10% sont des Algériens.

En effet et selon des information publiées, hier, par le quotidien «Echark El Awsat», 75 ressortissants algériens qui se sont établis pendant un certain temps entre 1992 et 2006 en Bosnie ou qui y résident toujours, ont obtenu la nationalité bosniaque. Dans le contingent des ressortissants «étrangers» naturalisés bosniaques, les Algériens viennent en cinquième position après les 108 Syriens, les 87 Egyptiens, les 80 Jordaniens et les 76 Soudanais, et devancent de loin les Tunisiens (49), les Marocains (18), les Libanais, Irakiens ou Palestiniens. Sur les 700 étrangers naturalisés bosniaques, «Echark El Awsat» rapporte qu’au moins 138 personnes ont été destituées de leur nationalités durant ces dernières années.

Sans toutefois citer le pays d’origine des 138 ressortissants touchés par cette mesure, le quotidien indique que les autorités bosniaques ont récemment retiré la nationalité à 38 ressortissants parmi lesquels figurent des Arabes.

Selon la commission chargée de la révision des nationalités, citée par le journal, des mesures ont été prises pour destituer de leur nationalité bosniaque tous les étrangers naturalisés qui ne résident plus sur le territoire bosniaque. «Echark El Awsat» souligne, par ailleurs, que le président de cette commission a affirmé dans une interview à un quotidien bosniaque, que bon nombre d’étrangers qui ont réussi à obtenir la nationalité bosniaque avaient présenté de faux documents, de fausses adresses, ou donné de fausses informations, ce qui a nécessité le retrait de leur nationalité. Le même responsable a affirmé que la commission procédera dans les jours à venir à la révision de plus de 1.000 certificats de nationalité. La commission avait accordé un délai de 45 jours à tous les étrangers détenteurs de la nationalité bosniaque, pour la révision de leurs certificats. Dépassé ce délai, les contrevenants seront destitués de fait de leur nationalité.

Le dossier des Algériens de Bosnie avait, rappelle-t-on, fait couler beaucoup d’encre au début de l’année 2006, au lendemain des révélations d’un officier de l’armée allemande en Bosnie-Herzégovine sur les vols secrets de la CIA. L’officier avait transmis à sa hiérarchie un rapport dans lequel la femme d’un Algérien dénonçait l’enlèvement de son mari et de cinq de ses compagnons et leur transfert vers la base américaine de Guantanamo.

Les six hommes, accusés par un tribunal bosniaque d’être des membres d’Al-Qaïda et d’avoir préparé un attentat à Sarajevo, avaient été libérés en janvier 2002 par manque de preuves. Ils auraient été enlevés peu après leur libération. Dans son rapport, le militaire estimait qu’il existait des «indices réels d’une éventuelle arrestation contraire à la loi et d’une déportation au moins hautement douteuse». Il concluait à la nécessité de porter son rapport à la connaissance des «spécialistes compétents au sein de l’ambassade allemande» à Sarajevo.

Les six Algériens de Bosnie: Bensayeh Belkacem, Hadj Boudellâa, Saber Lahmar, Mustapha Aït Idir, Boumediène Lakhdar et Mohamed Nechl, étaient détenus à Sarajevo depuis octobre 2000 et accusés d’avoir eu l’intention de commettre des attentats contre les ambassades américaine et britannique. Innocentés par la justice bosniaque, les six prévenus ont été livrés le 18 janvier à leur sortie de prison par la police bosniaque aux autorités américaines qui les ont internés dès le lendemain dans le camp X-Ray situé à Guantanamo.

Djamel B.