Union pour la Méditerranée (UPM) : ne pas abandonner les Palestiniens

Union pour la Méditerranée (UPM) : ne pas abandonner les Palestiniens

Par lounes guemache le 08/06/2008 Tout sur l’Algérie, 8 juin 2008

Sauf surprise de dernière minute, les présidents algérien et libyen ainsi que le roi du Maroc ne seront pas présents au sommet de lancement du projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) du 13 juillet à Paris. Ces absences ne sont pas directement liées à des considérations bilatérales entres ces pays et la France. En effet, l’Algérie ne pose plus la question de la repentance pour les crimes coloniaux comme un préalable à sa participation au projet de Nicolas Sarkozy. Le Maroc est un allié de longue de date de Paris au Maghreb. Et la Libye, en dépit des vexations dont a fait l’objet son président Mouammar Kadhafi lors de sa visite, fin 2007 à Paris, veut entretenir de bonnes relations avec la France.

Ces trois dirigeants refusent tout simplement de figurer sur une photo de famille aux côtés du Premier ministre israélien Ehud Olmert dans un contexte où Israël multiplie les exactions contre le peuple palestinien au mépris du droit international et avec le consentement des pays occidentaux. La situation dans les Territoires palestiniens ne cesse de se dégrader et on évoque même une offensive israélienne contre Gaza dans les prochaines jours. Pourtant, M. Sarkozy continue à s’entêter de vouloir intégrer Israël au sein de l’UPM.

Certes, Nicolas Sarkozy peut toujours répondre que le président palestinien Mahmoud Abbas, premier concerné par le conflit avec Israël, sera à Paris le 13 juillet. Mais M. Abbas est déjà engagé depuis longtemps dans un compromission honteuse avec Israël pour sauver son pouvoir, au détriment des droits de son peuple qui continue de souffrir. M. Sarkozy espère également convaincre le président syrien Bachar Al-Assad, dont le pays est occupé en partie par Israël (les plateaux du Golan) de prendre part au sommet de l’UPM. Il va sans doute mettre en avant la présence confirmée des présidents égyptien et tunisien, deux autres pays arabes, pour tenter de délégitimer l’argument de la présence israélienne.

Mais ces arguments ne tiennent pas la route face à l’enjeu principal : ne pas abandonner les Palestiniens. Certes, le dialogue avec Israël est nécessaire et les pays arabes ont raison de le poursuivre. Mais, au regard de la situation, il serait immoral pour un dirigeant arabe de s’afficher le 13 juillet prochain aux côtés du chef du gouvernement israélien alors que les embargos et les exactions continuent à Gaza. Une telle présence reviendrait à entériner de fait l’occupation israélienne des territoires arabes.