UPM: Louisa Hanoune exige un référendum

Participation de l’Algérie au projet de l’UPM

Louisa Hanoune exige un référendum

El Watan, 21 juin 2008

Le peuple algérien doit être consulté avant de prendre une décision par rapport au projet de l’union pour la Méditerranée (UPM) », déclare la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune. S’exprimant lors d’une conférence de presse animée, hier, à l’issue de la réunion du conseil national du parti, tenue le week-end dernier à Zéralda, la porte-parole du PT appelle à la consultation des Algériens par voie référendaire avant toute adhésion à ce projet.

Qualifiant les gouvernements européens d’anti-démocratiques, l’oratrice estime que l’UPM « ne vise ni plus ni moins que la normalisation des relations avec Israël et la poursuite de la politique de prédation ». « L’UPM prépare des choses qui ne servent pas l’intérêt des pays de la rive sud de la Méditerranée. Nous n’avons aucun intérêt à être dedans », lance-t-elle en précisant que ce projet s’inscrit dans la même logique que l’accord d’association signé avec l’UE, l’OTAN et l’OMC.

Louisa Hanoune critique, dans le même contexte, la loi contre les migrants clandestins votée par la Commission européenne. « C’est une loi réactionnaire et honteuse. Ces migrants ne sont que des victimes de la politique prédatrice adoptée par les pays du Nord et qui a asphyxié ceux du Sud », tranche-t-elle.Fidèle à son discours anti-privatisations, la patronne du PT s’attaque de nouveau à la loi sur les biens domaniaux et l’opération de privatisation des entreprises publiques menée par le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements, Abdelhamid Temmar.

Elle critique, dans la foulée, l’Assemblée populaire nationale (APN) qui a avalisé la loi sur les biens domaniaux « qui représente une véritable menace pour le pays ». « Personne n’a la légitimité à l’APN pour exproprier le peuple et l’Etat algériens. Nous appelons le président de la République à intervenir pour rejeter cette loi, car elle est en contradiction avec les articles 17 et 18 de la Constitution », enchaîne-t-elle.

« Les chiffres fictifs de l’emploi »

A la question de savoir pourquoi les députés de l’APN n’exigent pas le bilan de l’opération de privatisation, Louisa Hanoune affirme avoir, elle-même, demandé ce bilan à Abdelhamid Temmar et qu’il ne l’a pas donné. « La fermeture des entreprises a entraîné la perte des milliers de postes d’emploi. Rien qu’au premier semestre, nous avons perdu 10 000 emplois. C’est pourquoi j’ai exigé un débat public sur cette question », dit-elle.

Toujours concernant la politique de l’emploi, la première dame du PT doute fortement des projections du gouvernement qui « affirme sa volonté de créer 400 000 emplois par an ». Ces chiffres, estime-t-elle, « sont fictifs » dans la mesure où, ajoute-t-elle, on assiste à la perte sans cesse des postes d’emploi. « De 1976 à 1990, on n’a créé que 670 000 postes d’emploi », illustre-t-elle, en qualifiant le nouveau dispositif de l’emploi « de catastrophe ». « Ce dispositif va contribuer à la distraction des diplômés », juge-t-elle.

Evoquant la question de la révision constitutionnelle, Louisa Hanoune critique encore le manque de cohésion dans le discours du staff gouvernemental. « Qu’ils se mettent d’accord sur une seule idée », déclare-t-elle. Si révision il y a, il faudra, selon elle, qu’elle se fasse après un débat libre et contradictoire. Le système algérien, dit-elle encore, est un « système présidentiel où le Parlement n’a aucune prérogative ». « Il n’y a pas de différence entre l’APN et le Conseil national de transition », soutient-elle, en affirmant que le président Bouteflika était en 1999 « pour une assemblée constituante souveraine ». « Pourquoi on ne va pas vers une constituante ? C’est la seule solution pour le pays », conclut-elle.

Par Madjid Makedhi