Une mise au point d’Abdelkader Tigha

Une mise au point d’Abdelkader Tigha

Suite à la publication, le 17 mars 2007, dans Libération de l’article « Moines de Tibehirine : un témoin bien encombrant », M. Abdelkader Tigha a demandé à Algeria-Watch de publier le courrier suivant qu’il a adressé à Libération (et non publié par le quotidien). Cette « mise au point » est en effet d’autant plus importante que, sans remettre en cause l’article de Libération qui souligne à juste titre l’importance du témoignage de M. Tigha, elle corrige deux erreurs factuelles, ce qui permet de mieux comprendre les circonstances qui ont conduit ce dernier à demander en France l’asile politique pour bénéficier d’une protection légitime face aux persécutions du pouvoir algérien.

Algeria-Watch, 29 mars 2007

 

Paris le 23 mars 2007
A l’attention de M. le rédacteur en chef de Libération

Monsieur,
Dans l’article intitulé « Moine de Tibehirine : un témoin bien encombrant », paru dans votre édition du 17 mars 2007, où ma présence en France y est dévoilée, permettez-moi d’apporter cette mise au point que je considère importante dans ma démarche de demande d’asile.

L’asile ne m’a pas été refusé en Hollande, comme écrit dans l’article, car la justice par arrêt numéro AWB04/7175 du 10 novembre 2005 a rendu un avis favorable à ma demande qui contraint les services d’immigration à me fournir les documents administratifs attestant de ma qualité de réfugié politique. Ces dernières n’ayant pas procédé à la mise en application de cette décision, j’ai de nouveau saisi la justice hollandaise et c’est ainsi que par décision du tribunal administratif du 23 février 2006 et celle du 31 mai 2006, il a été ordonné aux autorités compétentes de me fournir dans les plus brefs délais lesdits documents. A ce jour, les autorités hollandaises refusent l’application de ces verdicts souverains de justice. Donc j’ai été contraint de quitter les Pays-Bas par l’Administration hollandaise qui a ignoré la décision de la Justice, bien sûr sous l’influence de l’Ambassade algérienne en Hollande (documents à l’appui en ma possession).

D’autre part, en aucune manière le CICR n’a fait part de craintes à mon sujet que je me sois rendu coupable de crimes contre l’humanité. Il s’agit d’une erreur, car c’est l’UNHCR que j’avais saisi lorsque je me trouvais en Thaïlande qui avait formulé son refus sur la base de telles craintes. Les débats contradictoires qui se sont déroulés devant la justice hollandaise ont pu établir que de telles allégations sont infondées et me rétablir dans mon droit.
Dans l’espoir que cette mise au point sera publiée en temps voulu par votre quotidien, recevez, Monsieur, mes meilleures salutations.

Abdelkader Tigha