Conflit syrien : Paris exclu de la table des négociations

Conflit syrien : Paris exclu de la table des négociations

par Kharroubi Habib, Le Quotidien d’Oran, 30 septembre 2015

Il ne fait aucun doute qu’une issue mettant fin au conflit syrien n’est concevable que si ses principaux protagonistes exogènes parviennent à s’entendre sur sa nature et à faire en sorte que leurs protégés locaux y souscrivent. Des tractations ont eu lieu entre eux à cette fin qui semblent les avoir convaincus de les poursuivre dans le cadre d’un groupe de contact sur la Syrie dont le vice-ministre russe des Affaires étrangères a annoncé une réunion pour octobre. Selon ce même responsable russe, participeront à la réunion du groupe son pays, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, l’Iran, la Turquie et l’Egypte. Tous des Etats dont on ne peut nier qu’il serait vain de les exclure de la recherche d’une solution à ce conflit syrien dont les enjeux se recoupent avec leurs intérêts de puissances mondiales ou régionales et avec leur sécurité nationale pour certains.

Depuis le début du conflit syrien il y a de cela plus de quatre ans, d’autre groupes de contact sur la Syrie se sont constitués avec toujours pour projet déclaré de faire bouger les lignes en vue de sa solution. Ils se sont systématiquement défaits au constat que leurs composantes n’ont pas été inclusives de toutes les parties prenantes au conflit et de l’impuissance de leurs participants à imposer aux absents les solutions sur lesquelles ils se sont entendus. Celui dont le vice-ministre russe des Affaires étrangères a annoncé qu’il se réunira en octobre semble être un cadre d’où il pourrait en résulter un accord sur une solution qu’entérineront les parties les plus impliquées avec un camp ou un autre protagonistes locaux en conflit.

Les puissances citées par le vice-ministre russe sont en capacité de dénouer la crise syrienne pour peu qu’elles fassent preuve de pragmatisme. Ce dont elles ont apparemment convenu au constat que l’option militaire comme résolution du confit n’est à la portée d’aucun des camps en confrontation. Mais aussi en optant pour négocier sur ce conflit en dehors de la présence d’acteurs internationaux dont la seule attitude à l’égard de ce conflit a consisté à faire de la gesticulation et de l’exclusion en matière de la recherche d’une solution. Ce qui est le cas de la France que le vice-ministre russe n’a nullement citée parmi les Etats qui prendront part à la réunion du groupe de contact en octobre.

Paris se doutait probablement qu’il se menait des tractions sur les résultats desquelles la posture activiste de la France allait être inopérante la réduisant in fine à prendre acte qu’elle n’est qu’acteur secondaire dans le conflit. Ce que François Hollande a pensé pouvoir déjouer en décidant d’engager l’armée française dans des opérations de frappes aériennes en Syrie prétendument contre des positions de l’organisation terroriste Daech. Pour sa dérisoire tentative d’imposer la France à la table des négociations souterraines en cours sur le conflit syrien, Hollande n’a pour allié et soutien que les médias hexagonaux qui «cocorisent» sans retenue sur les présumées performances inégalables de l’armada de quatre ou cinq Rafale mise à contribution dont sans crainte du ridicule ils affirment qu’elles sont en train de changer la donne sur le terrain militaire en Syrie, et partant sur la résolution du conflit.

La vérité vraie est que la France ayant fait tout faux depuis le début du conflit apparaît à l’heure où se dessine un accord sur ce dernier comme un acteur et interlocuteur dont on peut se passer de la contribution.