L’incertitude plane sur la conférence de Genève

L’incertitude plane sur la conférence de Genève

par Kharroubi Habib, Le Quotidien d’Oran, 21 janvier 2016

A quelques jours de l’ouverture des discussions de paix sur la Syrie, prévue pour le 25 janvier à Genève sous l’égide de l’ONU, la plus grande incertitude plane quant à la possibilité que cette échéance soit respectée. Ceci pour la raison qu’il ne s’est pas encore dégagé un accord consensuel entre les parties impliquées dans le conflit syrien sur les participants au titre de l’opposition au régime de Bachar al-Assad. Consciente qu’à défaut d’un tel accord le rendez-vous fixé par elle sera impossible à respecter, voire annulé purement et simplement, l’ONU a fait avant-hier une déclaration sommant les grandes puissances à s’entendre sur le sujet.

Le secrétaire d’Etat américain et son homologue russe Lavrov, qui se rencontraient peu après que la pressante déclaration onusienne a été rendue publique, ont dû aborder la question et probablement constaté qu’il ne suffira pas à l’Amérique et à la Russie de s’entendre sur la composante des participants pour que s’ouvre la conférence. Leur éventuelle entente sur le problème a été en effet par avance récusée par l’Arabie saoudite dont le ministre des Affaires étrangères a affirmé qu’il appartient à l’opposition syrienne seule de décider par qui elle sera représentée aux discussions de paix. Ce principe, défendu par la monarchie wahhabite, est en apparence respectueux de l’indépendance de la décision de cette opposition n’eût été que celle-ci est en fait totalement inféodée à Riyad qui s’est réservée de décider qui parmi ses composantes participera à la conférence.

Or, la où il y a problème avec la représentation de l’opposition syrienne qui a été dégagée lors de la rencontre de Riyad convoquée à cet effet par le monarque saoudien, c’est qu’il y a été inclus des participants mandatés par des organisations et groupes armés qu’ont veut faire passer pour la rébellion « modérée » au régime de Damas alors qu’ils sont en fait jihado-terroristes et certains même affiliés à Al-Qaïda et en alliance circonstancielle avec DAECH. Qui plus est, ce sont eux qui dictent en fait ce que l’opposition syrienne exigera dans les discussions de paix avec le régime. Comme il n’apparaît pas que Riyad recherche véritablement à ramener la paix en Syrie où elle est en conflit par procuration avec l’Iran, elle persistera par conséquent à vouloir la participation aux discussions de Genève de ces organisations et groupes armés jihado-terroristes avec pour but que son rejet par Damas et ses alliés entraîne l’échec de l’initiative onusienne.

Riyad accuse les autres parties étrangères d’ingérence dans les conflits syriens et yéménite alors qu’elle-même la pratique de la manière la plus ouverte et brutale qui soit au point que cela contraint ses meilleurs alliés à prendre de la distance avec sa politique. Il reste que ce comportement de l’Arabie saoudite vaut aux peuples de Syrie et du Yémen la prolongation de leur terrible calvaire et qu’il impose à la communauté internationale d’agir le plus fermement pour la forcer à y mettre fin.