Sahara Occidental : Le Polisario se prépare à la reprise de la lutte armée

Sahara Occidental : Le Polisario se prépare à la reprise de la lutte armée

par Ali Babès, Le Quotidien d’Oran, 25 juin 2008

Le Front Polisario qui a déploré, mardi à Alger, l’arrêt des négociations avec le Maroc sous l’égide des Nations unies, pour le règlement définitif de la question sahraouie, a annoncé qu’il se prépare à la reprise de la lutte armée.

Selon le Premier ministre sahraoui, M. Abdelkader Taleb Omar, «le Front Polisario se prépare à l’option de la reprise de la lutte armée, mais ne souhaite pas la guerre». Cette sortie du chef du gouvernement de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) serait le résultat du blocage du dossier de cette dernière question de décolonisation en Afrique. Après l’arrêt du processus de négociations, sous les auspices de l’ONU, mais sabordé par l’envoyé personnel du SG M. Ban Ki Moon, les Sahraouis sont aujourd’hui, estime-t-on, en droit d’interpeller autant l’Onu que la communauté internationale sur les réels bénéficiaires de cette situation de blocage d’une solution démocratique à ce conflit qui perdure.

Les responsables sahraouis, excédés par l’immobilisme actuel imposé au dossier, ont appelé l’Onu à «bouger» et relancer, dans les meilleurs délais, le processus de négociations pour la mise en place d’un processus référendaire au Sahara Occidental.

En fait, la qualité d’envoyé personnel du SG de l’ONU n’a plus cours en ce qui concerne Peter Van Valsum qui s’est discrédité en estimant «irréaliste» l’option de l’indépendance du peuple sahraoui, et écorché la crédibilité du SG, Ban Ki Moon. Plusieurs observateurs sahraouis estiment que la balle est actuellement dans le camp du SG de l’ONU qui doit nommer, au plus vite, un représentant personnel au Sahara Occidental qui devrait, à son tour, relancer les négociations entre les parties au conflit, c’est-à-dire le Maroc et le Front Polisario.

Des sources proches des milieux sahraouis estiment que le SG de l’ONU devrait, très probablement, désigner un nouvel envoyé personnel au Sahara Occidental vers les mois de septembre-octobre, juste avant la fin de l’année. Les responsables sahraouis, en tout cas, veulent que le changement soit opéré le plus vite possible, même si officiellement, le SG de l’ONU n’a pas encore mis un terme au mandat de M. Peter Van Valsum.

Par ailleurs, les Sahraouis reprochent à l’Onu de ne pas avoir pris les mesures adéquates pour éviter l’impasse actuelle. «(…) les déclarations du médiateur onusien Peter Van Walsum sur l’irréalisme de l’option d’indépendance au Sahara Occidental a fait qu’il n’y a pas d’agenda pour de nouvelles négociations», a déploré le Premier ministre sahraoui.

En fait, le Front Polisario estime que «la tenue de nouvelles négociations paraît difficile tant que Van Walsum reste» envoyé personnel du secrétaire général de l’Onu au Sahara Occidental, car il «a violé le principe d’impartialité qui doit caractériser sa fonction», a souligné M. Taleb Omar. Le Sahara occidental, a-t-il réaffirmé, est une «question de décolonisation, et c’est ce que réaffirme, chaque année, l’Assemblée générale des Nations unies».

Le Conseil de sécurité avait appelé, dans sa dernière résolution (1813) adoptée au mois d’avril dernier, à une solution politique au conflit du Sahara Occidental, à travers des négociations entre les deux parties au conflit: le Maroc et le Front Polisario, sous l’égide de l’Onu et qui respecte le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, à travers le processus référendaire. Le responsable sahraoui a encore souligné que: «le rôle de l’Onu est de faire appliquer la légalité internationale. Si elle devient l’outil de la consécration du fait accompli colonial alors nous n’en avons pas besoin». Les négociations maroco-sahraouies sont actuellement au point mort. Le 5e round des négociations, dans le cadre du processus de Manhasset, prévu au mois de mars dernier, n’a pas eu lieu du fait des déclarations de l’envoyé personnel du SG de l’ONU. La partie sahraouie s’inquiète, dès lors, autant du silence que de l’immobilisme qui caractérisent actuellement l’attitude des instances onusiennes, particulièrement, le SG de l’ONU, M. Ban Ki Moon.