L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental à Alger

L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental à Alger

Van Walsum n’a pas de solution miracle

Par :Abdelkamel K., Liberté, 13 février 2008

Après avoir rencontré les responsables marocains et sahraouis, Peter van Walsum affirme qu’il n’y a aucune évolution dans le dossier, tant les positions des deux parties en conflit sont “toujours très éloignées” et demeurent “presque identiques à celles d’il y a deux ans et demi”.

Affichant son pessimisme, l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le dossier du Sahara occidental a indiqué à la presse algérienne à l’issue de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci : “Je n’ai pas encore trouvé de solution.” Pour donner une idée plus claire de la situation de blocage, Peter van Walsum est allé jusqu’à ajouter qu’il ne “voulait pas donner de faux espoirs que tout va s’arranger au quatrième round”. C’est une manière de montrer que Marocains et Sahraouis restent attachés à leurs positions antérieures et que le processus de négociations, qui n’est qu’un stade préliminaire, risque de durer encore longtemps. Quant à sa visite dans la région, le haut responsable onusien a déclaré : “Le but principal de ma tournée est d’écouter les idées des uns et des autres sur la façon de rendre les négociations plus substantielles.”
À voir les résultats de la première partie de séjour, au cours de laquelle il s’est entretenu avec les deux parties en conflit, que sont les Marocains et les Sahraouis, il n’y a pas lieu de s’attendre à une avancée dans le dossier. À Rabat, il lui a été réaffirmé que “la souveraineté du Maroc n’était pas négociable” et que le plan d’autonomie restait la seule base de négociations. En d’autres termes, la position du Makhzen n’a pas évolué d’un iota. Croyant influencer l’émissaire de l’ONU, les autorités marocaines lui ont fait rencontrer les responsables de leurs partis politiques et de la société civile pour lui montrer l’attachement de tout le pays à la proposition d’autonomie. Idem pour les dirigeants du Front Polisario, lesquels rejettent l’offre marocaine et exigent l’organisation d’un référendum d’autodétermination avec plusieurs options, dont un rattachement au Maroc, l’autonomie, et notamment l’indépendance. Cette dernière option est catégoriquement rejetée par Mohammed VI. Ainsi, ils ont remis sur la table leur “proposition pour une solution politique mutuellement acceptable assurant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental” contenue dans le dossier remis le 10 avril 2007 au Conseil de sécurité de l’ONU, dans lequel le Front Polisario avait affirmé sa disponibilité à négocier directement avec le Maroc, sous les auspices de l’Onu, pour “la mise en œuvre d’un référendum d’autodétermination authentique”.
En dépit de ce statu quo, Peter van Walsum garde tout de même l’espoir d’aboutir à un règlement du conflit. Il n’en demeure pas moins que le quatrième round de pourparlers entre les deux parties, prévu du 11 au 13 mars prochain à Manhasset, près de New York, s’annonce des plus difficiles. En effet, tant que Marocains et Sahraouis ne se sont pas encore entendus sur l’objet de la négociation, il ne faut même pas parler de “négociations”, comme l’a écrit dans son récent rapport au Conseil de sécurité Ban Ki-moon. L’heure est encore au rapprochement des positions.

K. ABDELKAMEL