Six hôtels attaqués de nuit par des manifestants

Tichy (Béjaïa)

Six hôtels attaqués de nuit par des manifestants

El Watan, 7 mai 2011

La presque totalité des établissements hôteliers exerçant dans la ville côtière de Tichy, une vingtaine de kilomètres à l’est de Béjaïa, soit une demi-douzaine, ont été attaqués dans la nuit de jeudi à vendredi derniers par des manifestants qui ont saccagé tout ce qu’ils trouvaient sur leur passage.

Tout a commencé lorsqu’un communiqué affiché aux quatre coins de la ville a appelé à observer, au nom d’un «comité des citoyens de Tichy», un sit-in à 20h devant la sûreté de daïra. Munis de banderoles dont l’une annonce l’engagement des manifestants «Pour la dignité de notre ville», la foule a assailli l’entrée de la sûreté de daïra pour exiger que la police intervienne afin de freiner le phénomène de la prostitution.

N’ayant pas obtenu ce qu’ils étaient venus chercher, soit l’intervention immédiate des autorités, la foule de manifestants s’est ébranlée dans un mouvement de colère exacerbée. Direction : les discothèques des hôtels. Première cible : le Club Alloui. «Ils étaient une soixantaine à s’introduire, vers 22h, dans le premier parking après avoir saccagé le poste de gardiennage. Ils se sont attaqués aux vitrines, aux accès de la discothèque et à la voiture d’un client», nous raconte le gérant de cet hôtel qui, malgré ces dégâts, l’a échappé belle : son autre parking abritant durant la nuit une centaine de véhicules a été épargné. «Des familles, des couples parmi nos clients étaient choqués de voir de pareilles scènes», ajoute notre interlocuteur.

Même panique au Saphir Bleu, qui a eu la visite quelques minutes plus tard de la même foule qui s’est défoulée sur son parking. Une dizaine de voitures ont subi des dégâts dont celles des clients, selon un préposé à la réception.
Syphax, Grande Terrasse, Saphir Bleu, Villa d’Este, Le Golf, un par un, les établissements hôteliers de la ville ont reçu la visite désastreuse de manifestants en colère décidés à faire le tour des discothèques de cette ville balnéaire. Ce déferlement de colère, certains de ces hôtels, comme Le Golf, l’ont subi à deux reprises pendant la même nuit.
De fait, «les dégâts qu’il a subis sont plus importants», nous confie le gérant d’un hôtel attaqué, tandis que d’autres parmi ses confrères, que nous avons contactés, n’ont pas souhaité s’exprimer.

«Nous avons appelé la police pour qu’elle intervienne, mais elle ne l’a pas fait», nous dit, déçu, un employé d’un de ces hôtels.
Pour se protéger de la furie des manifestants, le gérant d’un établissement a dû user de son arme pour des tirs de sommation.
Il faut noter que ces regrettables incidents interviennent à moins d’un mois de l’ouverture officielle de la saison estivale, qui s’annonce déjà «perturbée».
Kamel Medjdoub