Oran: Après les intempéries, la colère

Oran: Après les intempéries, la colère

par Moncef Wafi, Le Quotidien d’Oran, 26 septembre 2009

Quarante-huit heures après les intempéries qui ont touché la wilaya d’Oran, le quartier d’El-Barki, actuellement Haï Fellaoucen, a failli être à l’origine d’un début d’émeute, vite maitrisé par l’intervention des services de l’ordre. Des habitants du quartier se sont rassemblés, dans un premier temps, dans un parking privé pour crier leur colère et déverser le trop plein de sentiment d’injustice dont ils s’estiment être victimes. Une cinquantaine de manifestants, dont beaucoup d’enfants, manifestement excédés par ce qui leur est arrivé mercredi dernier et à pratiquement chaque averse, ont décidé d’interpeller les décideurs locaux, responsables, selon eux, de tous leurs maux, en descendant dans la rue. Les premières tentatives de raisonnement ayant échoué, les manifestants ont bloqué, à l’aide de blocs de pierre, de pneus usagés et de branches d’arbres, et pour un peu plus d’un quart d’heure, le chemin de wilaya n°35 menant vers la commune de Sidi Chahmi. Un début de panique s’est emparé des automobilistes qui ont craint le pire et ont préféré «évacuer» leurs véhicules stationnés aux alentours. Cette «prise» de la route est de l’avis des protestataires, le seul moyen de se faire entendre par les autorités locales et ont exigé la présence du wali d’Oran pour s’expliquer sur ce qu’ils qualifient de «laisser-aller» et de «peu de considération envers l’un des plus anciens quartiers d’Oran». Les dernières précipitations, estimées à 70 mm, ont causé des dégâts considérables un peu partout à Oran mais plus particulièrement dans ce quartier. Ceux qui ont été les plus touchés et qui sont sortis hier dans la rue ne comprennent toujours pas la passivité des pouvoirs publics qu’ils assimilent volontiers à du mépris. Ils disent souffrir depuis des années des mêmes problèmes des eaux usées et pluviales et malgré toutes leurs doléances, leurs menaces d’exporter le problème sur la voie publique et les promesses d’un règlement définitif du dossier, rien n’a été fait. Dans leur pétition à l’adresse du wali, les habitants touchés par ce problème ont fait état de plusieurs points noirs qui rendent leur quartier inhabitable en été ou en hiver. Ils dénonceront dans cette lettre le comité de quartier qui n’active presque plus et qui ne fait rien pour améliorer les choses et mettent les différentes négligences des responsables locaux à l’index dans la réalisation de certains projets et leur contrôle après achèvement. Les protestataires verseront leur colère sur l’indigence des pouvoirs publics rendus responsable de la situation actuelle du quartier.