Ghardaïa : Frictions entre enseignants et forces de l’ordre

Ghardaïa : Frictions entre enseignants et forces de l’ordre

El Watan, 8 décembre 2014

Prévu initialement comme sit-in devant le siège de la wilaya, le mouvement de protestation des enseignants, enseignantes et parents d’élèves malékites s’est finalement mué en grand rassemblement, hier.

Une centaine de personnes se sont massées devant le lycée Aflah et le CEM Ramdane Brahim, dénonçant leurs conditions d’activité et refusant obstinément de rejoindre leurs postes de travail tant que des garanties fermes sur leur sécurité et celle de leurs élèves ne seront pas fournies par les plus hautes autorités de la wilaya, à leur tête Abdelhakim Chater, le wali de Ghardaïa. Des tensions ont été enregistrées entre les protestataires et les forces de l’ordre qui cherchaient à disperser le rassemblement devant ces établissements scolaires en convaincant les intéressés de rejoindre leurs postes de travail pour les enseignants et leurs classes pour les élèves malékites, au nombre de 98 (13 au lycée et 85 au CEM).

Peine perdue, aucun élève, aucun enseignant ni enseignante n’a franchi le seuil des établissements scolaires, campant mordicus sur leur exigence d’une garantie ferme sur leur sécurité tant à l’intérieur des lieux de savoir qu’aux alentours et surtout sur leur trajet, notamment au niveau du coupe-gorge de Chaâbet Etteli, théâtre de tous les incidents qui ont eu lieu dans ce secteur de la ville. Quelques personnes ont pu néanmoins rejoindre le siège de la wilaya, mais très peu nombreuses, elles ont finalement abandonné l’idée du sit-in. Par contre, une délégation, composée du président de l’association du quartier El Korti et de trois parents d’élèves, a été reçue pendant plus d’une heure par le chef de cabinet de la wilaya, auquel ils ont fait part de leur inquiétude sans toutefois être convaincus de son efficacité.

«Nous lui avons encore une fois demandé à être reçus par le wali, car en ce qui le concerne, il y a longtemps que nous avons compris ses limites et son inefficacité. Néanmoins, nous lui avons fait comprendre que nous accordons une semaine aux autorités pour régler nos problèmes, le cas échéant nous reprendrons la protestation et nous passerons à d’autres actions pacifiques», a déclaré Brahim, le président de l’association.

Entre temps, à quelques encablures de là, Azeddine Djillani, directeur de l’éducation, recevait une délégation d’enseignants dans la grande salle de réunion de son département. «Enfin, il a daigné déclarer que des ordres stricts ont été donnés aux responsables d’établissement pour d’abord renforcer la sécurité, mais aussi et surtout laisser les services de sécurité pénétrer sur les lieux à la moindre alerte. Ce qui nous faisait défaut alors qu’on se faisait agresser à l’intérieur de nos classes pendant que le directeur refusait l’accès aux forces de l’ordre», affirme une enseignante, qui ajoute : «Nous lui avons alors répondu que ce faisant, nous allons reprendre nos cours et nos élèves.»

Pour Mohamed, enseignant, «le fait d’apprendre que des agresseurs ont été arrêtés et présentés au parquet nous encourage à travailler et dissuade d’éventuels autres agresseurs. C’est ce qu’il fallait faire dès le début, tolérance zéro».

K. Nazim