Violentes émeutes à El-Bouni

Annaba

Violentes émeutes à El-Bouni

Par :B. Badis, Liberté, 28 février 2011

La commune d’El-Bouni, appelée communément “Sonatiba”, la plus importante agglomération d’Annaba a connu, hier, de violentes émeutes où des dizaines de jeunes se sont attaqués au siège de l’APC et au mobilier urbain pour exiger des postes d’emploi. En effet, dès la matinée, un important groupe de chômeurs, des jeunes des cités de Sidi-Salem, Sarouel et surtout des bidonvilles et zones déshéritées ont assiégé le siège de l’APC pour s’inscrire aux différentes formules d’emplois DAIP, CID ou CFI. Les discussions déplacées qui avaient eu lieu entre jeunes et employés ont bousculé les débats pour se transformer en une violente manifestation. Après avoir pris les employés en otage à l’intérieur des bureaux, les demandeurs d’emploi en délire se sont attaqués au siège de la commune qui a été totalement saccagé, les mobiliers détruits et lancés à travers les fenêtres et dans les escaliers ainsi que les équipements informatiques piétinés ou tout simplement dérobés. Les bureaux, notamment du président de l’APC et celui du secrétaire général, n’ont pas été épargnés par les jeunes chômeurs qui ont tout saccagé sur leur passage. Ensuite, les protestataires se sont dirigés vers le siège de la Protection civile, situé non loin de celui de l’APC, pour dresser un barrage à l’aide de barricades et autres troncs d’arbres, fermant ainsi la circulation routière. Une situation qui n’a nullement été du goût des habitants. Ces derniers ont tenté de mettre un terme à une situation qui donnait l’allure, au fil des minutes, de dégénérer en une véritable pagaille. C’est alors qu’un affrontement entre les deux parties a éclaté à l’aide de gourdins, avant que les forces de sécurité et notamment les brigades anti-émeutes dépêchées en renfort sur les lieux n’interviennent par l’utilisation des bombes lacrymogènes pour disperser la foule. à l’issue de plusieurs heures de heurts entre manifestants et policiers, un calme précaire est revenu dans l’après-midi sur les lieux, mais la tension demeurait tendue au niveau de toutes les régions de la daïra d’El-Bouni.