Mouvements de protestation en divers endroits

El Tarf paralysée par des manifestants

Les potaches réclament le transport scolaire

El Watan, 19 octobre 2008

Tous ceux qui tentaient hier matin de se rendre au chef-lieu d’El Tarf ont été obligés, à leur grand dam, de faire de longs détours. Des manifestants ont en effet coupé la circulation de la RN44, la veine nourricière du transport public, à l’est et à l’ouest de la ville.

Sans concertation, des écoliers et lycéens du lac des Oiseaux, qui protestaient contre l’absence de transports, ont dès les premières lueurs du jour barré la route à Haouaouchia. A l’opposé, la population du hameau Bouhchicha sur la rive sud du lac Oubeira renvoyait les véhicules dès l’aurore pour rappeler l’existence de leur mechta oubliée. Cela a suffi pour paralyser littéralement la wilaya. Des centaines de travailleurs et employés n’ont pu rejoindre leurs lieux de travail et des dizaines d’élèves ont été empêchés d’accéder à leur école.

A la gare routière d’El Kala, il y avait, bien avant 8h déjà, une grande foule désemparée. C’était la panique aussi pour ceux qui devaient se rendre à Annaba et ne trouvaient pas de taxis. Bouhchicha est une mechta implantée en 1990 sur une éminence qui domine le lac Oubeira. Elle est née avec l’arrivée d’une vingtaine de familles déracinées de la partie du bassin versant du barrage de Mexa. Depuis, on l’a oubliée. La population a grandi et il n’y a toujours pas de route, d’éclairage, d’école et de centre de santé. Les enfants se rendent à l’école, à Aïn El Assel, dans le transport scolaire qui fait deux autres importantes agglomérations auparavant.

Les écoliers ne trouvent alors plus de place et doivent marcher 5 km sous la pluie les jours de mauvais temps. C’est aux transporteurs que la population s’en prend le plus. Ils grillent l’arrêt de leur mechta, car le prix du billet n’est que de 5 DA. Le directeur des transports de la wilaya nous a confirmé l’existence de l’arrêt de Bouhchicha, matérialisé par un abribus, obligatoire pour les transporteurs de la ligne El Kala-Tarf. En revanche, on ne peut exiger l’arrêt des transporteurs qui font El Kala-Annaba ou El Kala-Alger.

Les transporteurs, pour leur part, affirment ne pas s’arrêter à cause des contraventions dressées pour arrêt interdit à certains transporteurs parce qu’il n’y a pas de panneau qui indique clairement qu’il y a un arrêt.

Par Slim Sadki


Tamda (Ouaguenoun)

Plusieurs axes routiers bloqués

La population de Tamda, dans la commune de Ouaguenoun, a procédé hier dans la matinée à la fermeture des quatre axes routiers qui desservent la localité pour exiger des autorités concernées la réalisation, dans l’immédiat, des systèmes de drainage et d’évacuation des eaux pluviales tout au long du réseau routier de l’agglomération.

En effet, les habitants de cette localité, située à une dizaine de kilomètres au nord-est de la wilaya de Tizi Ouzou, ont barricadé, à l’aide de pierres, au niveau du carrefour de Tamda-Centre, les routes qui mènent vers Tizi Ouzou, Fréha, Tala Athmane ainsi que celle qui dessert le pôle universitaire de Tamda. Cette manifestation intervient 24 heures après que de fortes pluies se soient abattues sur Tamda, ce qui a engendré la formation d’un véritable oued ayant envahi l’école primaire ancienne de Tamda et quelques maisons du voisinage.

Les axes routiers ont été fermés durant toute la matinée d’hier, provoquant ainsi de grandes perturbations de la circulation et le blocage du trafic dans toute la région. Les protestataires n’ont libéré les routes que vers midi, suite à l’intervention du président de l’APC de la commune de Ouaguenoun, qui s’est déplacé sur les lieux. Après des négociations avec les contestataires, le premier magistrat de la municipalité s’est engagé à prendre en charge leurs doléances.

Par Youcef Nemmar


Khemis El Khechna

Les transporteurs de voyageurs protestent

Les transporteurs de voyageurs assurant la desserte Khemis El Khechna-Rouiba ont organisé, en fin de semaine dernière, une journée de grève pour protester contre « le maintien des mêmes tarifs depuis 1993 ».

Une délégation conduite par M. Boulahia (représentant des transporteurs), dont faisaient partie des représentants de l’UGCAA, a été reçue par le chef de service transports de la wilaya de Boumerdès. Les transporteurs ont déposé une plateforme de revendications relatives aux arrêts, aux dos-d’âne et aux tarifs ; ils ont aussi soulevé le non-respect de la réglementation par certains transporteurs. « Nos collègues de Hammadi font le ramassage sur notre ligne, alors que la réglementation l’interdit », nous dit M. Boulahia.

Le secrétaire général a rassuré les transporteurs : « Des inspecteurs des services concernés seront sur les lieux dès le début de cette semaine afin de remettre de l’ordre dans le secteur. » Le chef de service transports l’appuie : « La seule solution, c’est le renouvellement des autorisations qui se fera à partir du 31 décembre. Cela mettra fin à ce problème et définira pour chacun son itinéraire. » Concernant les tarifs, il a déclaré aux grévistes que cela ne relève pas de ses compétences.

Par Hacène Kaci


Boumerdès

Grève à la faculté des sciences

Plus de 300 étudiants de la faculté des sciences de l’université de Boumerdès ont enclenché un mouvement de grève illimitée depuis mercredi dernier.

Les protestataires (des étudiants en 1re et 2e années LMD) réclament « l’allégement des conditions d’admission en année supérieure ». Les protestataires estiment que « celles-ci sont de plus en plus exigeantes ». Hier, une délégation représentant les protestataires a été reçue par une commission composée d’enseignants et de responsables de la faculté en vue de trouver une issue à la crise. Selon des étudiants, les doléances de ceux de 1re année ont été résolues tandis que le cas de ceux de la deuxième année reste en suspens.

Par ailleurs, des dizaines de collégiens du village d’Ouled Bounoua, de Mazer, dans la commune de Cap Djinet, ont poursuivi leur mouvement de protestation entamé mardi dernier. Ces derniers réclament l’affectation d’autres bus pour le ramassage scolaire dans leur région. Hier, les élèves ont bloqué encore une fois la RN24 et menacent de poursuivre la protestation si le problème tarde à être résolu. A souligner que l’APC « ne dispose que de deux bus, ce qui est largement insuffisant ».

Par R. K.