Le calvaire des habitants de la capitale pendant l’Aïd

Pain non disponible, marchés fermés, stations de carburant hors service

Le calvaire des habitants de la capitale pendant l’Aïd

Par : N. A., Liberté, 3 septembre 2011

En dépit des assurances du ministère du commerce et de l’Union des commerçants, la capitale n’a pas échappé cette année encore aux pénuries habituelles.

À chaque Aïd (el-Fitr ou el-Adha), c’est toujours la même rengaine. Et cela dure depuis des lustres. Les citoyens subissent une pénurie des produits de première nécessité, notamment le pain. Ni le communiqué du ministère du commerce ou encore l’appel des associations d’artisans, demandant aux commerçants d’assurer le service durant le jour de l’Aïd, n’ont pu convaincre les récalcitrants qui préfèrent carrément “zapper” des journées de travail. Il fallait se lever très tôt et sillonner les quartiers de la capitale pour dénicher une baguette de pain.
Dans chaque quartier de la capitale, El-Biar, Hammamet en passant par le centre-ville et Kouba, on revoit des images récurrentes. Des chaînes s’allongeant sur une trentaine de mètres devant les boulangeries dès les premières heures de la matinée. Cela dure depuis le premier jour de l’Aïd el-Fitr. Et ça va certainement continuer jusqu’à lundi.
D’autres citoyens ont pris les devants en achetant ce produit, qui devient un luxe, deux jours auparavant. Le pain fait maison et le couscous restent la seule alternative face à la fermeture des boulangeries. Sauf que cela dure depuis près d’une semaine. Car l’Aïd étant célébré mardi, les boulangers ont carrément préféré prolonger leur fête jusqu’aujourd’hui. Du moins, c’est ce qui est écrit sur des affiches collées sur les devantures de certaines boulangeries. “Congé annuel du 29 août au 3 septembre”, ou encore : “Absents pour l’Aïd”, peut-on lire sur certaines affiches.
Ce manque de pain est justifié par l’absence des ouvriers boulangers originaires d’autres wilayas qui rentrent dans leur ville à cette occasion. Autre raison, les boulangers de la capitale prennent presque tous leur congé en cette période de fête. Cependant, certaines boulangeries ont exercé leur activité normalement pour assurer la disponibilité de cet aliment essentiel. Généralement, ce sont celles qui résident dans la capitale. D’ailleurs, les citoyens ont ressenti un petit retour à l’activité commerciale le deuxième jour de l’Aïd, mais la demande reste toujours aussi forte. Pourtant du côté des officiels, un programme spécial a été mis en place pour garantir un approvisionnement équilibré des produits de base, dont le pain. Il prévoit la mobilisation de près de 8 000 boulangeries durant cette période de fête.
S’ajoutent à cela près de 1 500 boulangers de garde, répartis à travers plusieurs communes de la capitale, qui se sont engagés à assurer le pain durant cette fête qui a coïncidé cette année avec un week-end prolongé. Malgré ces mesures ainsi que l’installation d’une commission mixte de régulation du calendrier de permanence des commerçants, des tensions ont été perceptibles. Ceci dit, cette commission ne parle d’aucune sanction contre ceux qui ne respectent pas ces programmes ou encore ceux qui refusent de travailler le jour des l’Aïd el-Fitr ainsi que le week-end qui suit cette fête.