Incidents de Berriane : Zerhouni évoque la thèse de la main étrangère

Incidents de Berriane : Zerhouni évoque la thèse de la main étrangère

par Raf M., Le Quotidien d’Oran, 2 juin 2008

La thèse du complot ourdi de l’étranger avec la complicité de commanditaires à l’intérieur dans les derniers événements qui ont secoué la localité de Berriane, dans la wilaya de Ghardaïa, est maintenant désormais officielle, c’est-à-dire relevant des convictions de l’Etat.

Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, l’a confirmé, hier, de manière catégorique à l’issue de l’installation du nouveau wali de Annaba, lors d’un point de presse.

Zerhouni, en effet, persiste et signe: «Nous avons des preuves tangibles et parlantes, a-t-il notamment déclaré, que des contacts ont eu lieu avec certaines parties à l’étranger. On a trouvé dans au moins un des 6 ordinateurs saisis des références à des contacts internationaux à l’étranger», a déclaré le ministre en indiquant que ces références peuvent être des «liaisons anodines», mais peuvent être aussi «autre chose». Et d’ajouter que «l’enquête suit son cours» pour déterminer les tenants et aboutissants de cette affaire.

Invité par Le Quotidien d’Oran à être plus explicite, Zerhouni a répondu que pour des raisons relatives à l’enquête qui a fait beaucoup de progrès par ailleurs, il ne pouvait citer les noms de pays où sont établis les contacts étrangers. «Mais je l’ai dit et je le répète, pour nous, le complot de l’étranger ne fait plus l’ombre d’un doute». Zerhouni a tenu, par ailleurs, à féliciter à cette occasion la cellule anti-cybercriminalité de la gendarmerie qui a découvert les échanges en ligne, avec des contacts à l’étranger.

Zerhouni a également déclaré que «ces mêmes personnes ont produit des tracts au nom de chacune des communautés (de Berriane)». «Ces tracts, ajoute le ministre, étaient faits au nom de la communauté malékite poussant les jeunes malékites à s’attaquer aux Mozabites, et le même groupe a émis des tracts au nom de la communauté mozabite poussant les jeunes Mozabites à s’attaquer aux malékites». Et de dire qu’il est convaincu qu’il y a eu une «manipulation qui vise à déstabiliser la wilaya sinon le pays».

Pour rappel, quatre personnes ont été inculpées et 6 ordinateurs, dans lesquels se trouvaient des tracts et des documents incitant à la violence et au nettoyage ethnique, ont été saisis à la suite des récents événements de Berriane, avait indiqué mercredi dernier M. Zerhouni.

Le tribunal correctionnel de Berriane a prononcé samedi des peines allant de deux ans de prison ferme à l’acquittement pour un groupe de 22 personnes accusées dans les événements qu’a connus dernièrement la région de Berriane. Ces personnes sont accusées, indiquent des sources judiciaires de Ghardaïa, «d’attroupement avec arme blanche sur la voie publique, destruction des biens d’autrui, coups et blessures».

Le tribunal a prononcé une peine de deux ans de prison ferme et une amende contre une personne, une peine de un an de prison ferme a été prononcée contre 13 personnes, alors que deux autres mis en cause ont été condamnés à six mois de prison ferme assortis d’une amende de 5.000 DA. Le tribunal correctionnel de Berriane a relaxé six autres personnes.

Enfin, interrogé sur son éventuel départ comme ambassadeur à Paris comme il a été rapporté par une certaine presse, Zerhouni a répliqué avec ironie que beaucoup aimeraient le voir à l’étranger, à Londres ou aux Etats-Unis, mais qu’il est très bien ici en Algérie.