Allégement des peines à l’encontre des jeunes accusés

La justice joue aussi l’apaisement

Allégement des peines à l’encontre des jeunes accusés

Par : NEïLA B., Liberté, 26 février 2011

Selon plusieurs observateurs, les magistrats ont été très “cléments” à l’encontre des jeunes accusés, impliqués dans divers délits, dont la plupart ont bénéficié de la baisse de leur peine lors des procès en appel.

À titre d’exemple, la plupart des peines prononcées par le président de la chambre correctionnelle près la cour d’Alger ont été revues à la baisse, des accusés ont bénéficié même de la relaxe ou des peines de prison avec sursis. Il faut dire que le président de ce tribunal, en l’occurrence le magistrat Omar Belkharchi, connu pour sa rigueur et l’aggravation des peines des procès en appel, a été au contraire très clément envers les accusés, détenus surtout. Ces derniers ont comparu à la barre mercredi pour entendre leur verdict ; la plupart d’entre eux, des jeunes âgés entre 19 et 28 ans, poursuivis pour divers délits dont détention d’armes blanches, consommation de drogue, CBV, agression et vol, ont été déjà condamnés en première instance et ont fait appel, à la surprise de ces derniers, et même de leurs avocats, ils ont été soit relaxés, soit ont vu leur peine allégée ou confirmée mais sans aucune aggravation, même pour l’affaire des vaccins périmés importés par l’Institut Pasteur dont les peines ont été confirmées alors que le représentant du ministère public avait requis des peines plus lourdes à l’encontre des accusés. Le magistrat n’a pas trouvé d’inconvénient de répéter les verdicts aux accusés n’ayant pas bien entendu ou compris les leurs. De même pour les accusés qui se sont présentés à la barre pour être jugés à leur demande sans avocats, ils ont été plutôt mis à l’aise et ont pu se défendre dans une ambiance détendue. Il faut signaler que l’allégement des peines a été aussi constaté au niveau de plusieurs tribunaux. Bien que les magistrats refusent tout commentaire et affirment n’appliquer que la loi, des observateurs n’écartent pas que ces mesures s’inscrivent dans la stratégie des pouvoirs publics pour la prise en charge des problèmes socioprofessionnels des jeunes et favoriser le dialogue ainsi que l’amélioration de leur intégration.
Ce n’est pas la première fois que la justice s’inscrit dans la politique d’apaisement, des émeutiers arrêtés par les services de sécurité ont été libérés dès leur présentation devant les procureurs de la République.
Les pouvoirs publics cherchent d’abord à absorber la colère des jeunes par tous les moyens y compris devant la justice, même les services de sécurité ont été instruits d’éviter les provocations et le recours à la violence avec les jeunes et d’être plus souples même envers les marchands de l’ informel.