Djoudi Mammeri du FFS : «Il y a eu innovation dans les mécanismes de la fraude»

Tout en rappelant que son projet de sortie de crise est toujours d’actualité

Djoudi Mammeri du FFS : «Il y a eu innovation dans les mécanismes de la fraude»

 

Par Amar Rafa, La tribune, Mercredi 14 avril 2004

Quelques jours seulement après le scrutin présidentiel qu’il a qualifié de «mascarade», en appelant à son boycott, le premier secrétaire national du FFS, Djoudi Mammeri, revient sur cet événement pour dire que «les résultats des élections présidentielles ne nous ont pas surpris» et qu’il faut lui reconnaître la capacité de prévisions, comme il est facile de le faire dans tous les régimes totalitaires.Le premier secrétaire national du FFS a, après un long préambule où, à coups de critiques acerbes, il marquera la différence vis-à-vis des hommes d’Etat et de leaders de l’opposition, indiqué lors d’une déclaration liminaire que le FFS «[…] a refusé à l’avance et malgré les pressions les promesses et les ruses des décideurs de cautionner un scrutin et une démarche électoraliste qui n’a pour finalité qu’une recomposition des forces à l’intérieur du sérail». M. Mammeri a indiqué dans ce contexte que le leader du parti «Aït Ahmed a été approché par le général Toufik, dans une tentative de lui faire croire que les élections seront démocratiques, mais à la suite de la réponse à une question qui a été posée à ce dernier, le FFS a décidé de ne pas entrer dans ces élections», a affirmé Djoudi Mammeri, tout en refusant de livrer le contenu de cette question.«Hélas, les autres acteurs et partis politiques ne l’ont pas suivi», indique la déclaration du parti, qui «rend hommage aux citoyens qui ont refusé de tomber dans le piège d’une falsification». Ils ont refusé d’être les complices d’un «hold-up électoral», affirme la déclaration du FFS en faisant «grief aux candidats et à certaines plumes de journalistes qui ont accepté de jouer dans le théâtre d’ombres des rôles de figurants». Dans ce contexte, M. Mammeri a indiqué que les 5 candidats à la présidentielle sont soit complices, car ils ont cautionné les élections, soit manipulés «en se laissant manipuler». Dans sa déclaration, le FFS rappelle que sa proposition de sortie de crise est plus que jamais d’actualité, en précisant : «Il faut changer radicalement le système, en finir avec les ravalements de façade, éradiquer le mythe des messies» et «la solution réside dans une vraie refondation institutionnelle découlant d’une Constitution élaborée par des représentants élus par les Algériennes et les Algériens».«Et aux généraux décideurs, qui ont décrété une fausse et trompeuse neutralité», le FFS répond «fakou», note la déclaration du FFS.M. Mammeri déclarera que face à cette situation, le FFS s’en remettra à la société, pour «l’inciter à provoquer le sursaut salvateur» et ajoutera que «nous savons qu’il faut faire la recomposition cellulaire pour réhabiliter le politique et promouvoir la citoyenneté», que «son parti est toujours présent sur la scène» et que «sa politique est de créer la classe politique», dira le premier secrétaire national du FFS, en assenant la vérité suivante : «L’Algérie ne dispose pas de parti apte à gouverner seul ce pays. C’est la faute du système qui, par ses lois scélérates, a réduit le champ d’expression et des libertés.» Il dira en outre qu’il y a eu innovation des mécanismes de la fraude, qui a commencé depuis plusieurs mois déjà, en énumérant «le président-candidat qui a habité l’ENTV» et «distribué directement des sommes d’argent en dehors de circuits connus». En ce qui concerne la campagne de boycott entreprise par le FFS, M. Mammeri a affirmé que cette opération, qui a été entamée à une semaine de la fin de la campagne électorale, s’est résumée dans un travail de proximité, mais «a été limitée par le manque de ressources du parti».Sans aller jusqu’à revendiquer tous ceux qui ont boudé les urnes, il dira que le parti en revendique une bonne partie, et que son discours a bien fonctionné. Quant à l’éventuelle dissolution de l’APN, il a déclaré que la priorité sera donnée par le Président à la révision de la Constitution.

A. R.