Karim Tabbou fustige les députés : « Les parlementaires ne pensent qu’à leurs avantages »

Karim Tabbou fustige les députés : « Les parlementaires ne pensent qu’à leurs avantages »

Encore une fois, le premier secrétaire du FFS, Karim Tabbou, n’a pas mâché ses mots pour fustiger les députés. « Comment voulez-vous que notre pays retrouve sa sérénité au moment où les salaires de dix députés, en une année, dépassent le budget alloué à une commune en Kabylie.

Tizi Ouzou : De notre bureau, El Watan, 16 mai 2009

C’est inadmissible dans la mesure où les intérêts des citoyens ne sont jamais discutés de manière objective au niveau de l’Assemblée nationale. Les parlementaires ne pensent qu’à leurs avantages. L’augmentation des salaires des députés est une insulte envers les couches défavorisées, à l’exemple des universitaires sans emploi, des handicapés et ceux qui touchent 3000 DA dans le cadre de l’emploi de jeunes », a martelé le numéro deux de la formation de Hocine Aït Ahmed, jeudi, lors d’une conférence qu’il a animée à la maison de jeunes d’Aït Aïssa Mimoun, daïra de Ouaguenoun, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Pour lui, tout se fait à l’avance et dans le sens d’avoir un parlement sur mesure car, estime-t-il, le pouvoir doit « donner l’image d’un pays où les élections se déroulent dans la transparence. C’est pour cela que le quota de chaque parti est négocié d’avance. Sinon, comment peut-on expliquer que Louisa Hanoune a eu dix sièges à Alger lors des législatives de 2007, alors que quelques mois plus tard, elle n’a eu aucune APC dans la capitale. C’est là, entre autres, la preuve tangible de ce que je viens de dire », a-t-il laissé entendre. Le porte-parole du FFS a aussi signifié que son parti n’est pas prêt à une alliance politique avec le RCD. « On ne peut pas faire alliance avec ceux qui prennent 30 millions par mois sur le dos des pauvres citoyens », a-t-il déclaré à ce sujet. Dans son discours, le premier secrétaire du vieux parti de l’opposition est revenu également sur l’élection présidentielle du 9 avril dernier. « Le pouvoir a fait un coup de force avec une fraude à l’échelle industrielle dans un pays où le chef de l’Etat se fait représenter par des repris de justice et des voyous. Les affaires de l’Etat sont sous-traitées avec la mafia locale. Le pouvoir n’a pas besoin de travailler avec la population. Il a adopté une stratégie ‘‘sauvage’’ pour assurer sa pérennité. D’ailleurs, l’Algérie n’a pas de vision économique. Elle risque de voir son argent partir sans rien faire », a-t-il fait remarquer. Enfin, sur la situation d’instabilité que connaît, depuis plusieurs mois, l’APC d’Aït Aïssa Mimoun, le numéro deux du FFS accuse, sans ambages, le chef de daïra de Ouaguenoun d’avoir manipulé les élus FLN, RCD et celui du RND pour déstabiliser le maire et demander sa destitution. « Les maires FFS ne cessent de subir les pressions du chef de daïra de Ouaguenoun parce qu’ils ont refusé d’aller chez Bouteflika », a-t-il souligné.

Par Hafid Azzouzi


Karim Tabbou pose les conditions pour un rapprochement avec les forces démocratiques

“Renégocier le contrat politique avec la population”

Par : Yahia Arkat, Liberté, 16 mai 2009

“Quand un chef d’État se fait représenter par des repris de justice au niveau local, nous sommes dans un vrai système de voyoucratie”, a déclaré jeudi Karim Tabbou. Le premier secrétaire national du FFS s’exprimait lors du congrès de section à Aït Aïssa Mimoun, wilaya de Tizi Ouzou. Il faisait allusion à la campagne électorale pour la présidentielle du 9 avril, où le FFS a remarqué que la campagne pour le compte du candidat du pouvoir était animée par “la lie de la société”. Aux yeux du conférencier, un pouvoir qui s’appuie sur des réseaux mafieux, c’est la preuve qu’il est finissant. “Le pouvoir tente de se reconstruire pour déconstruire le pays”, estime M. Tabbou. C’est d’ailleurs dans cette optique que le pouvoir a adopté la politique de tout céder à l’extérieur du pays pour tout prendre à l’intérieur : on brade les richesses du pays aux puissances étrangères qui devraient, en contrepartie, fermer les yeux devant la répression des libertés publiques. Ce n’est d’ailleurs par pur hasard que l’Algérie occupe des places peu honorables dans une sorte de hit-parade à l’envers. Le premier secrétaire national a brossé un tableau noir de la situation aussi bien politique que socioéconomique. Alors que les élections sont censées être un moment de rupture, voilà que la fraude à l’échelle industrielle annihile tous les espoirs de changement démocratique. Pour convaincre que la fraude est intrinsèquement liée au système politique algérien, Tabbou a cité l’exemple du PT qui a gagné une dizaine de sièges à l’Assemblée nationale, mais qui n’a pas pu arracher un siège à l’APW ou gagner une APC en l’espace de six mois. L’orateur fera remarquer que le pouvoir n’a pas de vision économique claire avec un cap et des objectifs priorisés. Au sujet du rapprochement des forces démocratiques, le responsable du FFS affiche sa disponibilité, “pas de problème”, a-t-il dit, mais pose en revanche ses propres préalables à la concrétisation d’une perspective. “Il faut avoir l’autonomie de décision pour pouvoir concevoir un avenir commun”, affirme-t-il. Pour l’intervenant, l’union des démocrates devrait se faire sur la base d’un contrat de confiance pour construire des passerelles à même de fonder cette union des forces du changement. Pour autant, les partisans du changement ne sont pas exonérés d’une implacable autocritique. C’est à ce prix qu’on pourra renégocier le contrat de confiance avec la population, suggère encore le premier secrétaire national du parti de Hocine Aït Ahmed. “Au FFS, nous avons essayé de faire notre propre bilan”, informe Tabbou, suggérant ainsi aux autres forces qui aspirent au changement démocratique de faire de même. À partir de là, les possibilités de changement seront étudiées avec la lucidité nécessaire. Comment ? En posant les questions politiques de fond, rétorque le représentant du FFS. Autrement dit, “il faut renégocier le contrat politique avec la population”, a-t-il conclu.