Test réussi pour le Dr Sadi et le RCD

A l’issue des travaux du 3e congrès du parti :

Test réussi pour le Dr Sadi et le RCD

par Halim Mouhou, Le Jeune Indépendant, 11 février 2007

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qu’on disait moribond, a surpris tout son monde en réussissant à rassembler 2 500 militants et un aréopage d’invités de marque nationaux et internationaux à l’occasion de la tenue de son 3e congrès le week-end dernier.

Prévus pour être clos vendredi soir, les travaux du 3e congrès ordinaire du RCD, entamés jeudi matin, ne se sont finalement clôturés que dans la matinée d’hier. Sans surprise, la confiance pour la présidence du parti a été renouvelée par les congressistes au docteur Saïd Sadi qui a été plébiscité par une ovation et un vote à main levée suite à l’absence d’autres candidats à ce poste, malgré l’appel à candidature insistant du président du congrès.

Le champ a été ensuite ouvert aux différentes délégations de wilaya pour l’élection de leurs représentants au conseil national du parti. La compétition entre les différents postulants a été rude et les jeux de coulisses ont été «sans pitié», sans que les règles démocratiques ne soient pour autant transgressées.

La non-élection de M. Yousfi, ténor et ex-député du RCD, dans le conseil de la wilaya de Boumerdès est peut-être un signe révélateur de la transparence dans laquelle s’est déroulée cette opération. Après la connaissance des 253 heureux élus, le président du RCD, comme prévu par les statuts du parti, a procédé à la désignation des membres du secrétariat national.

Ainsi donc, le RCD se retrouve avec une nouvelle direction et des instances nationales légitimes. Chose qui lui permettra d’appréhender les prochaines échéances électorales dans la sérénité. Il faut dire que cela est l’aboutissement de deux jours de travaux au cours desquels les textes du parti ont été soumis aux congressistes pour amélioration et adoption.

Avec la réussite de son congrès, le RCD, que d’aucuns disaient agonisant depuis son entrée puis sa sortie du gouvernement en 2001, a surpris tout son monde. Il faudrait croire que le slogan «ensemble pour l’Algérie de demain», choisi pour ce congrès, a eu son effet.

Il suffit pour cela de voir le nombre et la qualité des invités présents à l’occasion de la cérémonie d’ouverture. D’abord, 2 500 congressistes, venus des 48 wilayas du pays ainsi que de l’émigration, se sont déplacés par leurs propres moyens, faut-il le souligner, à Alger.

Parmi ces derniers, la présence féminine était fort remarquable. Il y avait même des femmes et des jeunes filles voilées. Autres temps autres mœurs. Ensuite, un aréopage d’invités de marque d’obédiences politiques tellement opposées qu’il est difficile de les réunir de nos jours.

Pas moins de quatre anciens chefs de gouvernement, Rédha Malek, Mokdad Sifi, Sid Ahmed Ghozali et Ahmed Benbitour, en plus de l’actuel chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, étaient au premier rang des invités. MM. Benbitour et Sid Ahmed Ghozali ont même pris la parole pour féliciter le RCD pour cette initiative rassembleuse.

Les représentants des partis politiques nationaux dont le FFS, le RND, le PT, le MSP et le PRA, pour ne citer que les plus connus, étaient également présents en plus des représentants des syndicats nationaux (UGTA, SNAPAP, CLA, SSSP et SNOMMAR).

Etaient également présentes des personnalités nationales tels les anciens ministres Abdeslam Ali Rachedi, Abdelhak Brerhi et Leïla Aslaoui, et des personnalités historiques et de la famille révolutionnaire comme le colonel Youcef Khatib, le commandant Azzedine, la veuve de Abane Ramdane et la fille de Krim Belkacem.

Des juristes et des défenseurs des droits de l’homme ont aussi marqué leur présence à l’image de Me Ali Yahia Abdennour et Me Miloud Brahimi et le professeur Mohand Issaâd. Le monde de la culture était aussi présent, puisque parmi l’assistance on pouvait reconnaître l’ex-directeur de la cinémathèque algérienne, Boudjemâa Karèche, et la légende vivante du chaâbi El-Hadj Boudjemaâ El Ankis.

Les invités étrangers n’étaient pas en reste lors de cette cérémonie. Comme pour replacer l’Algérie dans son contexte naturel, les organisateurs ont opté pour des invités maghrébins et méditerranéens. Ainsi, le RCD tunisien du président Benali, des partis marocains d’opposition et de la coalition gouvernementale (MP, PPS et USFP) ainsi que l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) et l’Institut Tarik Ibn Ziad ont dépêché leurs représentants.

Dans leurs interventions respectives, ces derniers ont tous, et à l’unanimité, évoqué «la nécessité et l’urgence» de la construction du grand Maghreb. Le peuple palestinien martyr, à qui le président du RCD rend, à chaque occasion, hommage pour son courage et sa lutte contre le colonialisme sioniste était également représenté à travers l’ambassadeur de l’Autorité palestinienne en Algérie, M. Abou Djahar.

Côté européen, hormis le PS et le FN, qui n’ont pas été conviés, les partis politiques français étaient présents avec l’UMP, le PCF et les républicains libéraux, en plus du parti italien de Dimocratici Sinistra (DS) représenté par M. Gianfranco Brusasco.

Ces derniers veulent, pour leur part, faire de la Méditerranée «un espace de prospérité, de paix et de développement». Ce parterre de présents venus de tous les horizons politiques et géographiques a été un auditoire idéal pour le docteur Sadi pour mieux expliquer la nouvelle voie choisie par le RCD, celle du dialogue «responsable et constructif», y compris avec les partis islamistes, précisera-t-il à la presse, de la critique «sans polémique et sans destruction» afin de «garantir une gouvernance consensuelle», seules voies de salut, selon le docteur Sadi, pour la construction de l’Algérie de demain.H.

M.