Lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle française sur l’assassinat d’Ali Mécili

Lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle française sur l’assassinat d’Ali Mécili

par Annie Mécili, 3 avril 2007

Le 3 avril 2007, Annie Mécili, la veuve d’Ali Mécili, opposant algérien assassiné à Paris le 7 avril 1987, a adressé la lettre suivante aux douze candidats à l’élection présidentielle française.

Madame, Monsieur

Voici qu’approche l’élection présidentielle pour laquelle vous avez fait acte de candidature, voici qu’est annoncé le temps du changement.
Afin de ne pas espérer en vain, j’ai besoin de m’assurer, comme cela a été récemment soutenu à propos de la Chine ou encore de la Russie, que la France désormais ne s’interdira plus de dénoncer les violations des droits de l’homme où qu’elles soient commises et par quelque État que ce soit.

Le 7 avril 2007, il y aura vingt ans que l’avocat Ali Mécili, né André, compagnon de Hocine Aït-Ahmed, a été exécuté à Paris où il avait choisi de vivre et d’exercer son métier. Il était français et algérien à la fois par l’effet d’une histoire douloureuse liant nos deux pays. Et de cette double appartenance, il avait fait une force vive au service du combat qu’il a livré toute sa vie pour la justice et la liberté, pour le respect des droits de l’homme et pour l’instauration de la démocratie en Algérie. Son assassin présumé, rapidement interpellé et trouvé porteur d’un ordre de mission de la Sécurité militaire algérienne, a aussitôt été soustrait à la justice française et expulsé en Algérie, en urgence absolue, ainsi rendu à ses commanditaires par décision de Robert Pan-draud, alors ministre délégué chargé de la Sécurité. Depuis, sa famille, ses amis, tous ceux qui portent en eux les valeurs qui furent les siennes attendent que justice lui soit rendue.

Afin de n’être pas déçue, j’ai aujourd’hui besoin de savoir : serez-vous celle ou celui qui saura mettre un terme au scandale que demeure l’affaire Mécili, serez-vous celle ou celui qui saura garantir le triomphe de l’État de droit sur la raison des États quels qu’ils soient et forcer ainsi le respect ?

L’avenir des relations entre deux peuples qui ont tant à partager ne saurait se construire sur un déni de justice.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à mon espérance et vous prie de croire en l’assurance de ma considération distinguée.

Annie Mécili